Épisode 1. Terre brûlée
Contexte
- Temps universel coordonné
- Du 15 juillet 1954 au 15 juillet 2024
- Lieu
-
- Terre
- Monde
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
TL;DR
En 1954, un vaisseau inconnu s’écrase dans l’Arctique et disparaît dans les secrets de la Guerre froide. Soixante-dix ans plus tard, la rivalité Est-Ouest dégénère en apocalypse nucléaire, plongeant la Terre dans un hiver de désolation.
Récit
15 juillet 1954.
Au cœur de l'Arctique, la nuit enveloppe une immense étendue de glace.
Rien ne bouge.
Rien ne semble pouvoir troubler le silence.
Puis une lumière apparaît dans le ciel.
D'abord lointaine, elle grossit rapidement en traversant l'obscurité.
Une sphère de feu descend à une vitesse vertigineuse, laissant derrière elle une longue traînée lumineuse.
Quelques secondes plus tard, elle disparaît derrière l'horizon.
L'impact fait trembler la glace sur plusieurs kilomètres.
Une épaisse colonne de vapeur et de fumée s'élève aussitôt du point de chute.
Personne n'est là pour voir ce qui vient de tomber.
Pendant plusieurs heures, le vent disperse lentement les fumées.
Et lorsque le voile finit par se déchirer, une forme apparaît au milieu de la glace brisée.
Ce n'est pas une météorite.
Une coque métallique émerge du cratère.
Massive.
Endommagée.
Mais suffisamment intacte pour qu'aucun doute ne soit possible.
Un vaisseau s'est écrasé dans l'Arctique.
Quelques heures plus tard, l'armée américaine boucle la zone.
Des équipes spécialisées arrivent avec des agents de la CIA et plusieurs scientifiques.
Les accès sont fermés.
Les communications sont contrôlées.
Personne ne sait d'où vient l'appareil.
Personne ne sait ce qu'il faisait là.
Les équipes finissent pourtant par pénétrer à l'intérieur.
Elles fouillent les compartiments les uns après les autres.
Des couloirs.
Des salles.
Des équipements dont la fonction leur échappe encore complètement.
Mais aucun corps.
Aucun blessé.
Aucun survivant.
Le vaisseau est vide.
Pour le reste du monde, l'explication sera beaucoup plus simple.
Une météorite est tombée dans l'Arctique.
Rien de plus.
Le site disparaît derrière le secret militaire.
Et avec lui, toutes les questions que cette découverte vient de soulever.
Au même moment, à plusieurs milliers de kilomètres de là, quelque chose d'autre se produit.
Dans une région sous contrôle soviétique, une escouade de l'Armée rouge remarque une étrange agitation à quelques centaines de mètres de sa position.
Puis des silhouettes apparaissent.
Une première.
Puis une deuxième.
Et bientôt, près d'une centaine.
Elles n'arrivent pas par la route.
Aucun véhicule ne les accompagne.
Aucun avion n'a été repéré dans les environs.
Quelques secondes plus tôt, il n'y avait personne.
Maintenant, une centaine de formes humanoïdes se tiennent là.
Les soldats soviétiques sécurisent immédiatement la zone.
L'information remonte rapidement dans la chaîne de commandement.
À Moscou, l'affaire est prise très au sérieux.
L'identité de ces êtres reste inconnue.
Personne ne comprend comment ils sont apparus.
Et personne ne sait encore ce qu'ils pourraient révéler.
Mais une chose devient rapidement évidente.
Une découverte pareille ne peut pas rester sans conséquence.
D'un côté, les États-Unis possèdent désormais un vaisseau dont ils ignorent l'origine.
De l'autre, l'Union soviétique détient une centaine d'humanoïdes apparus sans explication.
Aucun des deux camps ne sait encore exactement ce que l'autre a découvert.
Mais en pleine Guerre froide, personne n'a l'intention de prendre le risque de rester en retard.
Alors chacun garde son secret.
Chacun observe l'autre.
Et chacun commence à chercher comment exploiter ce qu'il vient de trouver.
Les années passent.
En 1957, Apollo 11 se pose sur la Lune.
Pour la première fois, des êtres humains marchent sur un autre monde.
La conquête spatiale se poursuit.
Les missions habitées, les sondes et les programmes orbitaux s'enchaînent tandis que les grandes puissances cherchent à prendre l'avantage au-delà de l'atmosphère terrestre.
Mais cette course coûte cher.
Beaucoup trop cher.
L'Union soviétique finit par abandonner.
La Chine suit quelques années plus tard.
Les États-Unis restent seuls en tête.
Sur Terre, en revanche, la rivalité entre l'Est et l'Ouest ne disparaît jamais vraiment.
Il y a bien quelques années d'accalmie.
Des accords sont signés.
Les discours deviennent moins agressifs.
Certains commencent même à croire que la Guerre froide touche enfin à sa fin.
Ils se trompent.
En 1992, profitant du chaos politique qui secoue la Russie, Vladimir Poutine prend le pouvoir après un coup d'État.
Très vite, son régime se durcit.
L'opposition est étouffée.
Les médias sont placés sous contrôle.
Et la Russie recommence progressivement à regarder au-delà de ses frontières.
Poutine ne tarde pas à se présenter comme le restaurateur d'une puissance perdue.
Puis comme son souverain.
Le Grand Tsar.
La courte période d'apaisement prend fin.
La vieille méfiance entre les blocs revient presque exactement là où elle s'était arrêtée.
En 2003, la guerre en Irak provoque une nouvelle rupture internationale.
Les accusations se multiplient, les alliances se fracturent et les Nations unies ne survivent pas au fiasco.
L'organisation est dissoute.
Le monde continue pourtant d'avancer.
Sans arbitre.
Sans véritable espace commun où les grandes puissances peuvent encore prétendre régler leurs différends autrement que par la menace.
Puis arrive 2014.
Au-dessus de la mer Noire, une mission de reconnaissance censée rester discrète tourne mal.
La présence des appareils est détectée par les forces russes.
Ils sont pris pour cible.
L'opération qui devait passer inaperçue devient en quelques minutes un incident militaire majeur.
Les accusations commencent immédiatement.
Chaque camp affirme avoir réagi à une provocation de l'autre.
Personne ne veut reculer.
Les mouvements de troupes s'intensifient.
Les frontières se ferment.
Les ultimatums remplacent progressivement les négociations.
Puis l'Ukraine devient le nouveau terrain de l'escalade.
La Crimée.
Le Donbass.
Puis, peu à peu, une guerre qui refuse de s'arrêter.
Les années passent.
La guerre, elle, reste.
Les combats s'étendent progressivement bien au-delà des premières zones contestées.
Des villes entières deviennent des champs de bataille.
Les populations civiles fuient quand elles le peuvent.
Marioupol.
Boutcha.
Bakhmout.
Kakhovka.
Chaque nouveau désastre alimente les accusations.
Chaque offensive entraîne une réponse.
Et chaque réponse rend la suivante plus violente.
La doctrine de la Terre Brûlée finit par s'imposer sur des régions entières.
Routes, infrastructures, réseaux électriques et zones industrielles disparaissent les uns après les autres.
À mesure que le conflit s'enlise, les relations entre la Russie et les pays occidentaux se dégradent encore.
Les sanctions se multiplient.
Les armées se rapprochent.
Les avertissements deviennent des menaces.
Mais pendant longtemps, chacun continue malgré tout à éviter une confrontation directe.
Jusqu'à Zaporijia.
Neuf ans après le début de l'escalade, la centrale nucléaire est détruite.
L'explosion libère d'immenses quantités de matières radioactives dans l'atmosphère.
Les vents dispersent rapidement la contamination bien au-delà de l'Ukraine.
Des régions entières doivent être évacuées.
Des millions de personnes prennent la route.
Les frontières européennes se retrouvent submergées par une nouvelle vague de réfugiés.
Cette fois, la crise ne peut plus être contenue à l'intérieur de l'Ukraine.
Plusieurs pays de l'OTAN sont directement touchés par les retombées radioactives.
Les gouvernements exigent une réponse.
La Russie refuse toute responsabilité.
Les ultimatums commencent.
Puis les mobilisations.
Puis les frappes.
En 2024, ce que tout le monde avait passé des décennies à éviter finit par arriver.
La Troisième Guerre mondiale éclate.
Au début, les combats restent conventionnels.
Quelques heures plus tard, cette distinction n'a déjà plus beaucoup d'importance.
La Russie lance ses premières armes nucléaires.
Les autres puissances ripostent.
À partir de cet instant, plus personne ne contrôle réellement ce qui se passe.
Kiev est frappée.
Puis Londres.
Washington.
Bruxelles.
Paris.
Moscou.
En quelques heures, les grandes capitales disparaissent sous les explosions.
À la surface, les réseaux de communication s'effondrent.
Des régions entières cessent de donner signe de vie.
Les informations deviennent fragmentaires, parfois impossibles à vérifier.
Pour ceux qui se trouvent encore dehors, il ne reste plus qu'à trouver un endroit où survivre.
Et attendre.
Les explosions finissent par cesser.
Le silence qui suit n'a rien de rassurant.
Des pays entiers ont disparu.
Des infrastructures sont réduites en ruines.
Des millions de personnes manquent à l'appel.
Personne ne possède encore une vision complète de la catastrophe.
Les communications sont trop instables.
Des régions restent coupées du reste du monde.
Au-dessus des ruines, le ciel commence déjà à changer.
Les poussières projetées dans l'atmosphère obscurcissent progressivement la lumière du Soleil.
Les températures chutent.
Les récoltes disparaissent.
Les réseaux électriques s'éteignent les uns après les autres.
Les routes deviennent impraticables.
Les réserves accessibles commencent à manquer.
Le monde ne disparaît pas en une seule journée.
Mais celui qui existait avant les premières frappes vient de prendre fin.
L'hiver nucléaire s'installe.
La Terre entre dans une nouvelle époque.
Soixante-dix ans plus tôt, quelque chose était tombé du ciel au milieu des glaces de l'Arctique.
Un vaisseau sans équipage.
Au même moment, une centaine d'humanoïdes étaient apparus à des milliers de kilomètres de là.
Deux événements.
Deux secrets.
Et pendant des décennies, personne n'avait réellement compris ce qu'ils avaient déclenché.
En 2024, il ne reste presque plus rien du monde qui les avait découverts.
Seulement des ruines.
Des survivants.
Et des questions qui, elles, sont toujours là.
Tout avait commencé en 1954.
Mais personne ne savait encore pourquoi.
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