Épisode 31. La maquette de Manu
Contexte
- Temps universel coordonné
- Lundi 22 juillet 2024 - 08:37
- Lieu
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- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- Docks
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
-
L’USS Mercator a mené l’évacuation de Bruxelles en pleine apocalypse nucléaire, affrontant un OVNI d’origine probablement non humaine. Gravement endommagé, le vaisseau a réussi une fuite héroïque jusqu’à la base stellaire de l’OTAN en orbite lunaire, au prix de choix discutables et de lourdes pertes. À la station, l’amiral Michaux écarte la cour martiale, décore l’équipage et confie à Agnes Rodriguez le commandement du nouvel USS Enterprise, avec Angie Chen comme premier officier. Le Mercator sera démantelé ; une menace extraterrestre demeure en toile de fond, tandis que des documents hautement confidentiels sont annoncés.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur |
| Manu | OTAN / Flotte Spéciale | Civil réquisitionné |
Manifestes
| USS Mercator Hors service | USS Enterprise | |
|---|---|---|
| Affiliation | OTAN | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea | Charlène Savea |
| Armement avancé | Eros Vitos | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel | N/A |
| Conseiller/Consultant | Manu (officieux) | N/A |
| Technicien de surface | Manu | N/A |
TL;DR
Après le débriefing tendu chez Michaux, Agnes et Angie croisent Manu, occupé à vider ses affaires du Mercator. Il s’apprête à rejoindre la station comme simple employé, mais saute de joie en apprenant que ses deux commandantes ont hérité de l’Enterprise. Fan d'une vieille série de science fiction des années 60, Les Patrouilleurs de la Voie Lactée, Manu transporte même une maquette de l’USS Advance, qu’il confond presque avec le nouveau vaisseau amiral de la Flotte Spéciale Otanienne. Finalement, Agnes et Angie l’invitent à bord, officialisant ainsi sa place dans la nouvelle aventure.
Récit
Cet entretien avec l’amiral Michaux m’a laissée un peu sonnée.
Il faut dire qu’il n’a rien à voir avec notre bon vieux Hamilton, planqué dans le bunker de Bruxelles, avec qui tout me semblait plus simple, plus humain.
À peine la porte du bureau se referme derrière nous qu’Angie se retourne brusquement… et adresse à Michaux un bras d’honneur d’une virilité parfaitement assumée.
Angie…
Qu’est-ce qui te prend ?
Gnégnégné… Chen, vous êtes une tête brûlée…
Gnégnégné… Chen, vous êtes irresponsable…
Et gnégnégné… avec sa grosse voix de mâle dominant.
Non mais franchement…
Il se prend pour qui, ce gros con ?
Calme-toi, Angie.
Pense quand même à ce qu’il vient de nous offrir.
Ah ouais…
Eh ben moi, c’est un concombre que je lui offrirais.
Angie… Baisse d’un ton, il risque de t’entendre.
Viens. On va voir l’Enterprise.
Ça te changera les idées.
Mouais…
Je vais essayer de sauter de joie. Juste pour te faire plaisir.
Rolala…
Râleuse…
Nous quittons le secteur administratif et débouchons sur le vaste quai circulaire qui ceinture l’intérieur de la base stellaire.
Sous nos pas, le sol métallique résonne sourdement, mêlé au grondement lointain des générateurs.
Tout autour de nous, les vaisseaux de classe Nauvoo sont amarrés à leurs rampes, baignés par la lumière blanche du dôme central.
Alignés. Propres. Intacts.
Puis, au détour du garde-corps, quelque chose cloche.
Un vaisseau isolé.
Désaxé.
Sa coque abîmée tranche violemment avec l’élégance des autres.
Attends, Angie…
Regarde là-bas.
C’est le Mercator.
Du moins… ce qu’il en reste.
Le Mercator n’a plus rien du vaisseau que nous avons connu.
Sa coque est éventrée par endroits.
Des câbles pendent dans le vide.
Des plaques de blindage sont empilées sur les rampes comme de simples débris.
À travers les brèches, on distingue des ouvriers en combinaison, occupés à démonter méthodiquement chaque section encore exploitable.
Ils déplacent des caisses, extraient des modules électroniques, récupèrent jusqu’aux panneaux de contrôle.
Tout est précis. Organisé. Froid.
On dirait une fourmilière en pleine activité, chaque pièce arrachée au vaisseau disparaissant aussitôt dans le flot logistique.
C’est étrange.
Et douloureux.
Comme assister, en direct… à l’autopsie de notre navire.
On devrait peut-être aller récupérer nos effets personnels… avant qu’ils ne disparaissent dans le recyclage.
Des effets personnels, Agnes ?
On n’a jamais eu de cabine sur le Mercator.
On n’avait même pas un tiroir à nous.
C’est vrai.
Mais il y a ma bécane qui traîne encore dans le hall à navettes.
Oooh…
Je croyais qu’elle était restée au parking du bunker.
Non.
J’ai eu un mauvais pressentiment, juste avant l’attaque sur Terre.
J’ai demandé à Vitos de l’embarquer.
Au moins, ça me rassure de savoir que tu n’as pas tout perdu.
Toi non plus, Angie.
Tu pourras en profiter pour faire transférer ta navette.
Comment elle s’appelle déjà ?
Hmm…
Ma petite Choupette 53.
Mais le plus important… c’est toi, Agnes.
Là, tu me touches en plein cœur.
Tiens…
On dirait que quelqu’un nous fait signe, là-bas.
Sur la rampe d’accès du Mercator.
C’est Manu.
Il pousse un chariot rempli de caisses.
Viens…
On va lui dire bonjour.
Nous longeons le marquage du quai A en suivant le garde-corps, contournant deux rampes d’amarrage.
À mesure que nous approchons du Mercator, la silhouette de Manu se précise derrière son chariot chargé à ras bord.
Nous arrivons enfin au pied de la rampe d’accès.
Il nous attend là, appuyé contre son chariot, le front en sueur… mais avec ce large sourire qu’on lui connaît.
Salut, Manu.
Salut, Agnes.
Commandeure Chen.
Comment allez-vous aujourd’hui ?
Plutôt bien, comme tu peux le voir.
Qu’est-ce que tu transportes dans ce chariot ?
Ah ça…
Ce sont mes affaires personnelles.
Vu que le Mercator ne volera plus, j’emménage sur la station.
On m’a proposé un coin dans des quartiers partagés avec d’autres salariés… et un poste de technicien de surface.
Mais honnêtement… ce vaisseau va me manquer.
Il va me manquer aussi, Manu.
Mais si jamais ton nouveau poste ne te plaît pas… tu peux toujours nous suivre.
Sérieusement ?
Ça me ferait vachement plaisir, Agnes.
T’as déjà reçu le commandement d’un autre vaisseau ?
Heee oui.
C'est lequel ?
Tourne juste un peu la tête… à droite.
Nooooon…
Pas celui-là, Agnes ?
Et si, Manu.
L’USS Enterprise !
Nom d’une petite mite en pull-over !
D’ailleurs… je vois que tu as déjà la maquette du vaisseau dans tes affaires.
Heu non, Agnes.
Ça, c’est la maquette de l’USS Advance, de la série Les Patrouilleurs de la Voie Lactée.
Tu connais ?
C’est fou comme la ressemblance est frappante.
Oui…
Je connais cette vieille série des années soixante.
Grâce à Angie, qui est une fan absolue.
C’est vrai, Commandeure Chen ?
On ne peut rien te cacher, Manu.
Oui, c’est vrai.
Alors vous connaissez forcément les aventures du capitaine John V. Clark… et du Vénusien aux grandes oreilles, Splick ?
Exactement.
C’est quand même dommage que la série se soit arrêtée après seulement trois saisons.
J’aurais tellement aimé revoir William Shatner et Leonard Nimoy reprendre leurs rôles dans une suite.
Rien ne t’empêche d’en imaginer une.
L’Enterprise devrait largement te donner matière à t’inspirer.
Et pour le reste, on se débrouillera.
Pas vrai, capitaine ?
Bien sûr.
On peut bien faire ça pour lui.
Manu… tu es le bienvenu à bord.
Génial !
Merci, Commandeure Chen.
Merci, Agnes.
Vous êtes les meilleures.
Avec un enthousiasme communicatif, Manu se remet à pousser son chariot et prend la direction de l’Enterprise pour embarquer.
Angie et moi reprenons notre chemin.
Direction le hall à navettes du Mercator.
Il est temps d’aller récupérer ma Ducati.