Épisode 56. Poste des sciences à pourvoir
Contexte
- Temps universel coordonné
- Vendredi 2 août 2024 - 11:21
- Lieu
-
- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- Docks
- Trame
- Ligne Temporelle Schak'Irra
- Résumé des épisodes précédents
-
Après avoir découvert que leur réalité est le fruit d’une altération temporelle, la capitaine Rodriguez et son équipage font face à une cascade de révélations. Les tensions avec l’amiral Michaux atteignent leur paroxysme, puis un duel inattendu entre Agnes et Tarsi se transforme en respect mutuel. Alors que la menace temporelle reste en suspens, la vie à bord reprend son rythme — entre doutes, fatigue et décisions à venir.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade | Espèce | Trame d'origine |
|---|---|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine | Humain | Timeline Schak'Irra |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur | Humain | Timeline Schak'Irra |
| Charlène Savea | OTAN / Flotte Spéciale | Lieutenant | Humain | Timeline Schak'Irra |
| Manu | OTAN / Flotte Spéciale | Civil réquisitionné | Humain | Timeline Schak'Irra |
| Serveuse | OTAN / Base Stellaire | Employée civile | Humain | Timeline Schak'Irra |
Manifeste
| USS Enterprise | |
|---|---|
| Affiliation | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea |
| Tactique | Éric Corda Charlène Savea |
| Science | N/A |
| Armement avancé | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel |
| Conseiller/Consultant | Manu |
| Technicien de surface | Manu |
| Passagers | Tarsi (Confidentiel) |
TL;DR
Agnes, Angie et Charlène partent en chasse d’un nouveau scientifique, mais tous les candidats se défilent. C’est finalement Manu, le technicien, qui se retrouve promu Attaché scientifique — presque malgré lui.
Récit
Pendant le reste de la journée, Angie et moi restons seules dans nos quartiers à rédiger les rapports de la mission précédente avec les satellites. À peine celle-ci est-elle bouclée que nous recevons déjà une nouvelle convocation pour le 5 août à 15h00, dans la grande salle de conférence de la base stellaire.
Sachant qu’il s’agira très probablement de l’annonce d’une nouvelle mission dans le cadre de la reprise de contact avec la Terre, je décide de m’attaquer à un problème que je repousse depuis trop longtemps : trouver un officier scientifique pour la passerelle.
Le lendemain, Angie et Charlène m’accompagnent à la base stellaire pour accomplir cette tâche…
Capitaine, pourquoi l’amiral Michaux ne nous a pas nommé automatiquement un officier scientifique ?
Parce que c’est le boulot du capitaine. L’amiral ne nomme que le personnel-clé, comme le capitaine et le premier officier.
Et on est censées en dénicher un où ?
Je suggère qu’on commence par le mess des quais, histoire de prendre la température.
Excellente idée, Angie. En plus, il va être midi. On y croisera forcément du monde.
Et moi, je suis censée faire quoi ? Je n’y connais rien en sciences.
Nous non plus, tu sais. Mais comme il sera sous ta responsabilité, autant que tu nous aides à choisir.
C’est bien là le problème. Je suis qualifiée en tactique, pilotage, communications et opérations… mais je ne pourrai pas valider son travail.
Ça ne doit pas t’arrêter.
J’ai moi-même des lacunes dans certains secteurs.
C’est précisément pour ça que les officiers de la passerelle sont indispensables.
À l’approche du mess, nous nous arrêtons un instant devant l’entrée pour observer discrètement l’intérieur.
L’endroit est vaste, fonctionnel, presque impersonnel, loin de l’agitation des zones techniques. Quelques tables sont occupées çà et là, mais l’ambiance reste étonnamment calme pour une heure de pointe.
On sent que ce lieu n’est pas vraiment fréquenté, comme s’il était resté à l’écart du cœur battant de la base.
Sans trop tarder, nous pénétrons.
On peut s’installer là.
Cette table ronde me paraît parfaite.
Oui. Asseyons-nous.
Nous prenons place autour de la table, le mobilier métallique résonnant légèrement sous notre poids. Charlène attrape aussitôt la carte posée au centre, la déplie avec un enthousiasme à peine contenu, comme si elle n’avait rien mangé depuis des jours.
Son regard parcourt les lignes à toute vitesse. Ses yeux s’illuminent soudain, et un sourire franc se dessine sur son visage.
Chouette, il y a des frites au menu du jour.
Tu n’avais pas dit que tu avais commencé un régime ?
Heu… moi ?! Non, non… c’est Émilie qui en suit un.
Depuis qu’on a reçu les nouveaux uniformes, elle en a fait une priorité absolue.
Sur ce point, je la comprends. Vos uniformes ne font que causer des problèmes.
J’en toucherai un mot à l’amiral Michaux… mais je crains qu’il ne puisse y faire grand-chose.
Merci, Capitaine.
Nous n’avons pas le temps d’approfondir davantage la discussion qu’une silhouette s’approche de notre table.
Je lève les yeux et croise le regard de la serveuse.
Bonjour Mesdames. Je vous apporte un menu ?
Bonjour.
Nous prendrons trois menus, que vous ajouterez sur mon compte, s’il vous plaît.
Très bien.
Veuillez tendre votre bras pour que je puisse scanner votre puce.
Dites, il est midi et je ne vois pas beaucoup de monde. C’est habituel ?
Oui. Ce mess est relativement éloigné des zones de travail de la base.
On y accueille surtout des officiers affectés sur les vaisseaux, mais comme ils ont déjà leur propre cantine, ils sont rares à venir manger ici.
Ce n’est pas notre veine.
Nous sommes venues pour recruter.
Pour quels postes ?
Un officier des sciences pour l’Enterprise.
Houlà… je vous souhaite bien du courage.
Pourquoi ?
Depuis le 15 juillet, les scientifiques ont tendance à se cacher comme des rats dans leurs labos.
Ils ont peur de se retrouver affectés à un vaisseau.
Sérieusement ?!
Pourquoi cela ?
À cause de la guerre, voyons.
Tout le monde a vu dans quel état est revenu le Mercator après l’attaque russe.
Et franchement… on ne peut pas vraiment leur en vouloir de se défiler.
Le Mercator était à trois kilomètres d’un point d’impact nucléaire.
Il n’était pas préparé pour encaisser un tel choc, contrairement aux vaisseaux de la base stellaire.
Comment vous savez tout ça ?
C’est moi qui commandais le Mercator.
Eh ben… on peut dire que vous avez eu chaud aux fesses.
Dites, c’est vrai que vous avez fait un piqué avec ce pachyderme ?
Il y a tellement de rumeurs invraisemblables sur ce vaisseau qu’on ne sait même plus distinguer le vrai du faux.
C’est vrai.
Quand nous étions au cœur du champignon, nous nous sommes retrouvés à la verticale.
Il n’y avait pas d’autre issue que d’effectuer cette manœuvre.
Bigre… faut en avoir dans le pantalon.
Il paraît.
C’est ce que nous a dit l’amiral Michaux.
Je vais vous apporter vos menus.
Pour vos recherches, vous devriez descendre aux niveaux 35 à 55.
C’est là que vous trouverez vos scientifiques.
Merci.
Après ce repas, nous descendons jusqu’aux niveaux où se trouve la section scientifique.
On y passe des heures à croiser du personnel, à discuter, à essuyer des refus polis… ou beaucoup moins polis.
La serveuse du mess avait raison.
Aucun n’est intéressé par le poste que je leur propose.
À bout de patience, nous finissons par regagner l’Enterprise.
Dans un couloir, nous croisons alors une silhouette qui nous est familière…
Heeee… salut, Manu.
Ooooh ! Salut Agnes.
Bonjour Charlène, Commandeur Chen.
Tu es encore en train de passer la serpillière dans les couloirs ?
Ça se voit, non ?
Il faut bien que quelqu’un s’en charge !
Oui… et je vois que tu le fais toujours avec autant d’enthousiasme.
Dites, les filles… vous tirez une drôle de tête.
Vous vous êtes disputées ou quoi ?
Non, Manu. On est juste un peu fatiguées.
On a passé la journée à côtoyer les scientifiques de la base.
Ha ha ha !
Ils sont barbants, hein.
Pourquoi vous êtes allées les voir ?
On a essayé d’en recruter un pour la passerelle.
Laissez-moi deviner…
Aucun n’a accepté.
On ne peut rien te cacher, Manu.
Les scientifiques sont tous les mêmes.
Quand je passais mon bac en chimie, je ne pouvais pas les encadrer.
Ils sont chiants à en mourir. J’pourrais vous parler pendant des heures de tous ces zozos.
Tu as passé un bac en chimie… et tu es technicien de surface ?!
Ben oui !
Pourquoi, ça t’étonne ?
Charlène… un bac chimie, c’est suffisant pour occuper le poste ?
Le bac, oui.
Mais il doit être inscrit dans la section des sciences de l’OTAN pour avoir au minimum le statut d’attaché.
Heee, hooo… deux secondes, les nanas.
Vous n’allez quand même pas encore me recruter ?!
Tu travailles déjà pour nous.
On pourrait envisager un essai à ce poste. Qu’est-ce que tu en dis ?
Heu… tu sais, Agnes, ça fait un moment que je n’ai plus trempé là-dedans.
Ce n’est pas grave.
Je ne cherche pas spécialement quelqu’un d’expérimenté.
D’accord… mais c’est juste pour te dépanner, en attendant que tu trouves quelqu’un.
On est d’accord, Manu.
Charlène, tu peux faire le nécessaire ?
Pour l’inscription, je ne promets rien d’ici lundi.
Mais ça ne nous empêche pas de commencer à travailler avant.
C’est exactement ce que je voulais entendre.
Attaché scientifique Manu…
Bienvenue sur la passerelle.
Grrr… Agnes, maintenant, c’est toi qui m’en dois une.
Ah ah.
La prochaine fois, évite de parler trop.