Épisode 36. Rififi de bulles de savon
Contexte
- Temps universel coordonné
- Mardi 23 juillet 2024 - 09:11
- Lieu
-
- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- USS Enterprise
- Quartiers du Capt.
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
-
Après avoir découvert les dossiers secrets de l’OTAN, Agnes et Angie oscillent entre théorie du complot et éclats de rire. La remise des médailles à leurs officiers soude encore un peu plus leur équipage, tandis que la vie à bord de l’Enterprise commence à prendre forme.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur |
| Manu | OTAN / Flotte Spéciale | Civil réquisitionné |
Manifestes
| USS Mercator Hors service | USS Enterprise | |
|---|---|---|
| Affiliation | OTAN | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea | Charlène Savea |
| Armement avancé | Eros Vitos | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel | Victor S. Calpel |
| Conseiller/Consultant | Manu (officieux) | N/A |
| Technicien de surface | Manu | Manu |
TL;DR
Une simple bataille de coussins tourne en glissade géante de mousse, laissant les quartiers du capitaine dans un état catastrophique. Manu est appelé à la rescousse, obtient une meilleure cabine grâce à Angie, et se voit même offrir un rôle officiel de consultant à bord de l’Enterprise.
Récit
Émilie, Charlène et Éric ayant quitté nos quartiers, nous nous retrouvons à nouveau seules.
Angie, plantée au beau milieu du salon, attrape la télécommande de l’écran et lance une chanson.
Au rythme de la musique, elle laisse glisser son peignoir jusqu’à ses pieds… avant d’éclater de rire.
♪♫ I’m in demand, I am the…
♪♫ Ha ha ha !
♪♫ I am the beat…
The Look - I am the Beat
Qu’est-ce qui te prend, Angie ?
Ha ha ha !
J’anticipe la pénurie vestimentaire, ma chérie.
Oooooh…
Tu vas finir par attirer une armada d’aliens en t’exhibant comme ça.
Ha ha ha !
Hi hi… attends que je t’attrape, Agnes, et tu verras comment je les mate, tes extraterrestres !
Je les ferai danser comme quand je t’ai fait trémousser l’autre jour sur le pont du Mercator…
Avec l’amiral Hamilton qui sautait sur place comme un cabri !
Angie attrape un coussin à portée de main et me le balance en pleine figure.
La riposte est immédiate.
En quelques secondes, une bataille de coussins joyeuse et incontrôlable éclate. C’est une vieille habitude. On se lance des attaques amicales, on esquive des projectiles volants, on éclate de rire à chaque impact.
Mais cette fois, la confrontation prend une tournure encore plus folklorique.
La bataille dégénère en un combat digne d’un match de catch improvisé. On exagère les mouvements, on bondit du canapé au lit, on se défie à coups de prises improbables et de projections théâtrales. Chacune redouble d’inventivité pour surprendre l’autre.
Portées par notre enthousiasme, nous finissons dans la salle de bain.
Angie ouvre toutes les bouteilles de savon et les vide sur le carrelage, qu’elle asperge aussitôt avec la poire de la douche. Dans un éclat de rire presque diabolique, je prends mon élan, je me lance… et je retombe à plat ventre, glissant sur la surface savonneuse dans une explosion de rires.
L’eau continue de couler, nous aspergeant toutes les deux.
Dans cette euphorie partagée, j’enclenche la sécheuse.
Le nuage s’amplifie.
Nous nous retrouvons englouties dans une mer de mousse blanche et légère, recouvertes de la tête aux pieds.
Finalement, à bout de souffle après avoir ri comme des gamines, j’éteins la sécheuse.
Nous sortons de la salle de bain trempées, couvertes de mousse, la peau fraîche, l’esprit totalement libéré de toute tension.
Mais mes quartiers… sont dans un état absolument déplorable.
Angie…
La prochaine fois que tu déclenches une bataille, assure-toi qu’on soit chez toi.
Hi hi…
Il faut reconnaître que, cette fois, on a peut-être été un peu loin.
Oui…
Mais maintenant, il va falloir que tu m’aides à remettre de l’ordre.
Attends, Agnes.
Je vais appeler Manu.
C’est sa spécialité.
Oooh non, Angie.
Ne mêle pas Manu à ça.
Il va se payer notre tête !
Hééé…
On dirait que notre courageuse capitaine Rodriguez aurait peur de notre technicien de surface !
Pas du tout.
Je n’ai juste pas envie que nos délires deviennent un sujet de conversation dans tout le vaisseau.
Faut assumer, ma chère Agnes.
D’accord…
Tu as gagné.
Appelle-le.
Angie bombe le torse, triomphante, comme si elle venait de remporter la joute.
Elle s’avance vers le terminal de communication, le tapote du bout des doigts et affiche un air faussement professionnel.
Allô, Manu.
C’est Chen.
Bonjour, Commandeur.
Que puis-je faire pour vous ?
Tu pourrais venir dans les quartiers de la capitaine ?
On aurait besoin de tes talents de nettoyeur.
Heu… oui, Commandeur Chen.
Elle a encore renversé sa tasse de café sur le sol ?
On peut dire ça, oui.
N’oublie pas d’emmener ton matériel.
Pas de soucis, Commandeur.
Je rassemble mes affaires et je serai devant votre porte dans deux minutes.
Parfait, Manu.
À tout de suite.
Le canal se coupe dans un léger grésillement.
Angie s’étire longuement, puis s’affale dans le canapé, visiblement très satisfaite d’elle-même.
La lumière du terminal s’éteint lentement.
Le pauvre Manu…
Quand il va voir le travail qui l’attend, il va nous en vouloir à mort.
Franchement, Angie, on aurait dû nettoyer nous-mêmes.
Hmm… oui, Agnes.
Mais Manu veut absolument se faire bien voir de toi.
Et ce joyeux bazar, c’est une occasion en or pour lui.
Le voilà qui sonne.
Ouvre-lui la porte, Angie.
Angie bondit du canapé et se fraye un chemin entre les coussins éparpillés, les flaques d’eau et les restes de mousse qui tapissent encore le sol.
Elle pose la main sur le lecteur biométrique.
Un bip retentit.
La porte glisse dans un souffle discret.
Salut, Commandeur.
Salut, Agnes.
Ooooooh…
Par les moustaches d’Aphrodite ! Qu’est-ce qui s’est passé ici ?
Vous avez laissé entrer un cyclone pour que l’appart soit dans un tel état ?
Bonjour, Manu.
En quelque sorte.
On peut compter sur ta discrétion ?
Bien sûr, Agnes.
Mais j’ai une requête à te faire avant d’attaquer le grand nettoyage.
Je t’écoute, Manu.
Ton imbécile d’officier chargé des attributions des cabines m’a refourgué la buanderie comme logement.
Tu pourrais m’arranger ça ?
Ha ha ha !
Bien sûr, Manu.
Je suis désolée d’apprendre ça.
Angie, tu t’en occupes ?
Oui, Agnes.
Je regarde.
Angie se tourne vers le grand écran du salon, fait défiler la liste des affectations d’un geste distrait et pousse un léger soupir.
Ses yeux se plissent ; elle tapote l’interface du bout de l’index, comme pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une erreur.
Je suis désolée, Manu…
Toutes les cabines ont déjà été prises d’assaut.
Oooh non…
Ne me dites pas que je vais dormir dans ce trou !
Ne t’inquiète pas, Manu.
J’ai une solution qui devrait te plaire.
Surtout…
Ne m’attribuez pas une autre buanderie puante, s’il vous plaît.
Non.
Je te laisse ma suite.
Comme je vis ici avec la capitaine, mes quartiers sont libres.
Ils sont à toi.
Wouah, Commandeur Chen…
C’est génial !
Tu vois, tout s’arrange, Manu.
Oh oui, Agnes.
Tant qu’on y est…
Tu m’avais dit qu’on s’arrangerait pour mon salaire une fois arrivés à la station stellaire.
Maintenant qu’on y est, qu’est-ce que tu me proposes ?
C’est exact.
Pour tes services sur le Mercator pendant la traversée Terre–Lune, je te dois quelque chose.
Je n’en ai pas encore parlé à l’amiral Michaux, mais on peut s’arranger autrement.
Avec un avantage sur le long terme.
C'est-à-dire ?
Tu as été efficace durant le voyage.
Je te propose donc de continuer sur l’Enterprise, mais cette fois avec un statut officiel de conseiller-consultant.
Ton salaire sera presque doublé.
Et tu conserves ton poste de technicien de surface.
Tu acceptes mon offre ?
Je travaillerai encore avec Charlène ?
Avec Charlène, Émilie…
Ou encore Angie et moi.
Tout dépendra des missions.
Dans ces conditions…
J’accepte ton offre, Agnes.
Marché conclu.
Angie, tu peux mettre à jour le manifeste ?
C’est en cours, Agnes.
Franchement, les filles…
Vous êtes formidables.
Bon… à part peut-être pour la corvée nettoyage de votre appart.
Ha ha ha…
Je suis vraiment désolée, Manu.
La prochaine fois, on fera attention… et on essaiera de t’épargner ça.