Épisode 11. Préparation accrue
Contexte
- Temps universel coordonné
- Lundi 15 juillet 2024 - 11:24
- Lieu
-
- Terre
- Bruxelles
- Bunker Otanien #1
- Couloirs
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
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Lors d’un entretien avec l’amiral Hamilton, Agnes a appris que le niveau d’alerte était relevé à DEFCON 4 : permissions annulées, cybersécurité renforcée après plusieurs attaques (dont l’AspiroTube) et rappel des réserves. Les renseignements signalent la disparition inquiétante du Grand Tsar Poutine, laissant planer l’hypothèse d’un Kremlin fragmenté. La Flotte Spéciale est désormais en alerte et l’équipage du Mercator se tient prêt à toute éventualité.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Jules Hamilton | OTAN / Défense | Amiral |
| Eros Vitos | OTAN / Support Technique Sol-Air | Enseigne |
Manifeste
| USS Mercator | |
|---|---|
| Affiliation | OTAN |
| Localisation | Amarré dans le bunker #1 (Bruxelles) |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea |
TL;DR
Malade un instant après l’annonce de l'augmentation du niveau d’alerte, Agnes reprend vite le contrôle. Elle réquisitionne l’enseigne Vitos pour équiper le Mercator de lanceurs de drones DX-01-10… et en profite pour lui confier le rapatriement de sa Ducati.
Récit
L’entretien avec l’amiral s’achève. Je dois vous avouer que j’ai du mal à le reconnaître. Je n’ai pas eu droit à ses traditionnels sermons, et il ne m’a même pas réprimandée pour mon retard.
Il se lève, contourne son bureau, puis écarte les bras devant moi. Sans prévenir, il me serre contre lui et me murmure quelques mots à l’oreille.
Agnes, tu es la meilleure élève que j’aie jamais eue, et tu as dépassé toutes mes espérances. Tu as su construire une équipe brillante.
Crois en eux, respecte-les, et ils te suivront jusqu’au bout du monde. Garde confiance en toi… et dans les moments difficiles, rappelle-toi que tu ne seras jamais seule.
L’amiral pose ses deux mains sur mon visage et me regarde droit dans les yeux avec une tendresse troublante, comme si nous ne devions plus jamais nous revoir.
Puis il me raccompagne jusqu’à la porte et me regarde m’éloigner.
Mon cœur bat à tout rompre tandis que je tente de reprendre mon souffle. Mes pensées s’entrechoquent, consciente que l’inimaginable pourrait, bientôt, devenir réalité.
Je déambule dans les couloirs du bunker d’un pas mécanique, l’esprit toujours en proie à des préoccupations grandissantes. À chaque pas, la gravité de la situation se rappelle à moi, pesant lourdement sur mes épaules.
Soudain, mon pad émet un signal sonore.
Je consulte l’écran. De nouveaux ordres viennent d’être transmis. Un frisson glacé me parcourt lorsque je lis les lignes qui s’affichent devant mes yeux : la Flotte Spéciale est désormais en alerte, et je dois me tenir prête à intervenir à tout moment.
Je poursuis ma marche, mais ma vision se trouble. Mon estomac se noue. Les murs semblent onduler autour de moi. Je vacille, saisie par un froid brutal, puis par une vague de nausée.
J’ouvre la première porte qui se présente. Les toilettes.
Je m’agenouille devant une cuvette et y plonge la tête, laissant le malaise m’envahir complètement.
Un bruit sourd résonne derrière moi.
Je relève la tête.
Eros.
Capitaine… vous allez bien ?
Oui, Eros. Ça va… merci.
Ça n’en a pas l’air. Vous êtes blanche comme un cachet d’aspirine.
Prenez ma main, je vais vous emmener au service médical du secteur.
Non merci, Eros. Il faut que je retourne immédiatement au Mercator.
Avec tout le respect que je vous dois, Capitaine… vous n’êtes pas en état de reprendre votre service.
Je vous assure que ça va. J’ai eu un petit malaise, mais ça va mieux maintenant.
Qu’est-ce que vous faites dans ces toilettes ?
C’est vous qui m’y avez envoyé, Capitaine. Vous ne vous souvenez pas ?
Vous m’avez ordonné de les récurer… avec ma brosse à dents.
Je m’en souviens.
Vous êtes affecté à l’entretien des défenses sol-air, si je ne me trompe pas ?
Exact, Capitaine.
Mon équipe révise toutes les défenses du secteur, y compris le centre de Bruxelles.
Vous avez des qualifications particulières ?
J’ai étudié dans la Zone 51. Je maîtrise parfaitement le maniement de notre arsenal.
Vous plaisantez.
Non, Capitaine. J’y ai passé plus de huit ans comme volontaire.
Tout est consigné dans mon dossier.
Vous connaissez le système DX-01-10 ?
Oui, Capitaine.
C’est un armement expérimental élaboré dans la Zone 51.
Le DX-01-10 est un drone intercepteur à déploiement multiple, capable de lancer jusqu’à dix drones simultanément, tous armés de lasers.
Ce principe permet d’accroître considérablement l’autonomie et le rayon d’action par rapport à un drone classique du même type.
Impressionnant.
Vous savez monter cet engin et le manier ?
Oui, Capitaine. Je maîtrise cette technologie. Elle faisait partie de ma formation.
Très bien, Eros. Je vous réquisitionne. Vous êtes désormais sous mon autorité.
Prenez votre sac-à-dos… et votre brosse à dents, car vous embarquez avec moi sur le Mercator.
Heu… je m’excuse, Capitaine, mais pour quoi faire ?
J’ai deux DX-01-10 dans ma soute, et je n’ai pas d’ingénieur suffisamment qualifié pour monter les lanceurs sur mon vaisseau.
Vous pouvez compter sur moi, Capitaine. Merci.
Eros, j’ai encore un service à vous demander.
Oui, Capitaine ?
Prenez cette télécommande et récupérez ma Ducati, garée à l’entrée du bunker.
Emmenez-la dans le hall à navettes du Mercator.
Appuyez sur le bouton jaune pour désactiver l’autodéfense, le bouton vert pour la démarrer, et surtout… ne touchez à aucun autre bouton.
Bien, Capitaine.
Une fois à bord, rejoignez-moi sur la passerelle. Je vous y donnerai vos instructions.
Eros s’éloigne au pas de course.
Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi qualifié pour un armement qui traînait depuis des mois dans ma soute. Enfin… soit.
Je reprends peu à peu des couleurs, puis je pique un sprint en direction du vaisseau.