Épisode 29. Débriefing chez l'Amiral Michaux
Contexte
- Temps universel coordonné
- Lundi 22 juillet 2024 - 07:59
- Lieu
-
- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- Bureau Adm. Michaux
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
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Agnes V. Rodriguez, capitaine de la Flotte Spéciale, et son premier officier Angie Chen commandent l’USS Mercator, un vaisseau de transport de l’OTAN basé dans un bunker à Bruxelles. Lors du sommet annuel de l’Alliance qui se déroule dans la capitale Européenne, une crise mondiale dégénère en offensive massive — attaques russes, et apparition d’un vaisseau non identifié. Le Mercator évacue des milliers de civils et les chefs d’État et subit d’importants dégâts. Face à l’épuisement des ressources, l’équipage met en sommeil forcé une large partie des passagers et décide d’un périlleux transit vers la Lune. Malgré des pertes humaines lourdes et des dilemmes éthiques, le vaisseau parvient à contacter la base stellaire de l’OTAN et est remorqué pour accostage.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur |
| Anthony Michaux | OTAN / Base Stellaire | Amiral |
Manifeste
| USS Mercator Hors service | USS Enterprise | |
|---|---|---|
| Affiliation | OTAN | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez | N/A |
| Premier officier | Angie Chen | N/A |
| Pilote | Éric Corda | N/A |
| Communications | Émilie Flores | N/A |
| Opérations | Charlène Savea | N/A |
| Armement avancé | Eros Vitos | N/A |
| Infirmerie | Victor S. Calpel | N/A |
| Conseiller/Consultant | Manu (officieux) | N/A |
| Technicien de surface | Manu | N/A |
TL;DR
Lors du débriefing, l’amiral Michaux félicite Agnes pour ses exploits mais lui rappelle ses violations de protocoles, passibles de lourdes sanctions. Contre toute attente, il lui propose de prendre le commandement de l’USS Enterprise, avec Angie comme premier officier, estimant qu’elle a prouvé sa valeur. Agnes accepte à condition d’emmener ses officiers Corda, Savea, Flores et Vitos. Le Mercator, quant à lui, sera démonté. Un nouveau chapitre s’ouvre : le commandement du vaisseau amiral de la Flotte Spéciale, mais sous la menace d’ennemis visibles… et de procès imminents.
Récit
Après un week-end étonnamment paisible passé dans notre chambre — à discuter, à reprendre pied… et à rédiger nos rapports de mission — Angie et moi répondons enfin à la convocation de l’amiral Michaux.
Dans le couloir menant à son bureau, je prends Angie à part et lui demande de se contenir.
Elle sait que ça ne vaut pas la peine de raviver de vieilles querelles. Pas aujourd’hui.
Surtout que, désormais, Michaux est officiellement notre supérieur hiérarchique.
Rodriguez. Chen.
Bonjour. Prenez place.
Bonjour, Amiral.
B'jour.
Commençons sans tarder, si vous le voulez bien.
J’ai lu attentivement vos comptes rendus.
Les journaux de bord du Mercator.
Ainsi que l’ensemble des données liées à votre mission depuis l’attaque russe de lundi dernier.
Bilan final :
Vous avez ramené en vie l’ensemble des chefs d’État de l’Alliance.
Vous avez perdu sept membres de votre équipage.
Vous avez scanné dix mille sept cent vingt-cinq réfugiés… dont cent soixante-et-onze n’ont pas survécu.
Parmi ces pertes, cent cinquante-huit personnes sont décédées lors des téléportations, sur un total de deux cent cinquante-cinq dématérialisations.
Les treize autres décès sont dus aux conditions extrêmes à bord du vaisseau.
Au vu des circonstances… je vous tire mon chapeau à toutes les deux.
Mais.
Il y a un mais.
N’est-ce pas, Rodriguez ?
Oui, amiral.
Les poursuites pour manquement à mes devoirs.
Violations multiples de protocoles.
Et tout ce qui va avec.
Exactement.
Vous savez que l’usage des téléporteurs sur des humains est strictement prohibé par nos constitutions.
Et que cette infraction est passible… de la peine capitale.
Je le sais.
Et je suis prête à assumer les conséquences de mes actes, amiral.
Angie se redresse brutalement.
Ses doigts se crispent sur l’accoudoir de son siège.
Agneeeees, non !
Commandeure Chen.
Veuillez vous rasseoir.
Grr…
Il y a également d’autres faits qui vous sont reprochés, Rodriguez.
La présidente des États-Unis vous en tient personnellement responsable. Elle fera tout pour obtenir votre condamnation.
C’est son droit, amiral.
Et je me plierai à la décision des juges.
N’allez pas trop vite en besogne, Rodriguez.
Je ne comprends pas, amiral.
L’amiral se lève sans se presser.
Il contourne son bureau, rejoint le petit meuble-bar et se sert un verre de whisky. Il en boit une gorgée, puis repose le verre avec un soin presque cérémoniel.
Ce calme calculé contraste violemment avec la tension qui monte en moi.
Lorsqu’il se retourne enfin, son regard s’est durci.
Je vous ai affectée à l’USS Enterprise.
Et vous en êtes désormais le capitaine.
Heu…
Pardonnez-moi, amiral, mais quel est le lien avec mes affaires judiciaires ?
Et je vous rappelle que j’ai déjà refusé ce poste, par le passé.
C’est très simple.
En venant ici, vous êtes désormais placée sous mon autorité.
Nos ressources humaines sont limitées. Et comme vous le savez, former des officiers supérieurs ne se fait pas en un claquement de doigts.
Oui, mais… je ne vois toujours pas où vous voulez en venir, amiral.
Il n’y aura pas de cour martiale.
Il y aura bien un débat. Des discussions. Des pressions.
Mais, au final, vous êtes soutenue par l’ensemble de nos officiers.
Pour eux, vous êtes une héroïne.
Je…
Je ne sais pas quoi dire, amiral.
Ne dites rien.
Cela n’empêchera pas la présidente américaine de tenter des poursuites civiles.
Mais soyons honnêtes : je doute fortement que cela aboutisse.
Ici, près de onze mille personnes vous doivent la vie.
Et je vois mal comment elles accepteraient votre condamnation sans broncher.
Je ne m’attendais pas à un tel soutien.
Habituellement, ce genre de jugement se fait à huis clos.
Sur Terre, oui.
Mais ici, nous sommes une communauté isolée.
Tout le monde se croise. Tout le monde observe.
Et, dans ces conditions, croyez-moi… tout finit par se savoir.
Maintenant, je vous pose la question.
Acceptez-vous mon offre ?
Quelle offre, amiral ?
Vous n’avez pas suivi, Rodriguez ?
Je parle de prendre le commandement de l’Enterprise.
Ah…
Cette offre-là.
Je croyais que vous me l’imposiez.
Mais l’Enterprise a déjà un capitaine, amiral.
Plus maintenant.
Tous les officiers supérieurs étaient retournés sur Terre pour leur permission du week-end.
Aucun n’est revenu, pour les raisons que vous connaissez parfaitement.
Je dois donc confier le vaisseau à quelqu’un d’expérimenté. Immédiatement.
Vous connaissez déjà mes conditions, amiral.
Elles sont les mêmes qu’en 2015.
C’est précisément pour cela que je vous repropose le poste.
Je vous ai adjoint Chen comme premier officier.
Vous êtes sérieux, là ?
Parfaitement.
Ne vous méprenez pas : je considère toujours Chen comme une tête brûlée.
Mais le monde a changé.
Et aujourd’hui, nous devons tous apprendre à nous adapter.
Tu as entendu, Angie ?
On va commander l’Enterprise.
Bien évidemment que j’ai entendu.
Je ne suis pas encore sourde.
Arrêtez de râler, Chen.
Je sais très bien que vous ne m’appréciez pas beaucoup.
En tant qu’officier, je ne peux me permettre de critiquer ouvertement mes supérieurs, amiral.
Quand nous ne serons pas en service, je vous inviterai à boire une bière au mess.
On pourra discuter tranquillement. Entre adultes.
Vous m’en demandez un peu trop, amiral.
Comme vous voudrez, Chen.
Alors, Rodriguez…
Marché conclu pour l’Enterprise ?
Pas tout à fait, amiral.
J’ai encore quelques requêtes à formuler.
Je vous écoute.
Je veux que les officiers Corda, Savea, Flores et Vitos intègrent l’équipage de l’Enterprise.
Accordé, Rodriguez.
Vous êtes libre de choisir vos officiers.
Autre chose ?
Non… pas pour le moment, amiral.
Je voulais simplement savoir ce qu’il adviendra du Mercator.
Le vaisseau est bien trop endommagé pour être réparé.
Il sera démonté. Les pièces encore exploitables seront recyclées.
Vous saviez que sa structure interne était brisée en deux ?
Non, amiral.
Je ne le savais pas.
Pouvons-nous disposer ?
Vous êtes pressée de me quitter, Rodriguez ?
Heu…
Disons que je suis surtout impatiente de prendre mes nouvelles fonctions, amiral.
Je comprends.
Mais restez encore un peu.
Nous n’avons pas terminé.