Épisode 17. Defcon 1, état d'urgence
Contexte
- Temps universel coordonné
- Lundi 15 juillet 2024 - 18:57
- Lieu
-
- Terre
- Bruxelles
- USS Mercator
- Passerelle
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
-
Le Mercator, aux côtés des vaisseaux Charlemagne et Manneken, débute l’évacuation de Bruxelles. Tandis que modules et navettes s’activent, l’opération se complique : la présidente Américaine Hillary Clinton et plusieurs dirigeants de l'alliance forcent l’entrée de la passerelle, tandis qu’un problème structurel est détecté sur le module 3. Dans l’ombre des évacuations, le monde entier retient son souffle.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur |
| Éric Corda | OTAN / Flotte Spéciale | Lieutenant-Commandeur |
| Émilie Flores | OTAN / Flotte Spéciale | Enseigne |
| Charlène Savea | OTAN / Flotte Spéciale | Lieutenant |
| Eros Vitos | OTAN / Flotte Spéciale | Enseigne |
Manifeste
| USS Mercator | |
|---|---|
| Affiliation | OTAN |
| Localisation | En vol stationnaire au-dessus de Bruxelles |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea |
| Armement avancé | Eros Vitos |
| Technicien de surface | Manu |
| Passagers | Civils (en cours d'embarquement) Dirigeants (Hillary Clinton et autres Chefs d'état) |
TL;DR
La Russie déclenche une attaque d’une ampleur inédite : missiles, drones, chaos global. Tandis que les missiles s’abattent déjà sur l’Ukraine, le Mercator tente de sauver ce qui peut l’être. Vitos lance le premier DX vers Francfort. Angie prend le contrôle manuel du module 3 endommagé. Le compte à rebours pour l’évacuation vers le bunker commence. L’heure est grave. Plus de place pour l’erreur.
Récit
Derrière moi, les dirigeants de l’Alliance observent en silence. Ils n’interviennent pas, mais leur présence pèse comme une ombre sur mes épaules. Pourtant, je n’ai pas le luxe de m’en préoccuper.
L’opération doit continuer. Coûte que coûte.
Capitaine. L’USS Manneken et l’USS Charlemagne nous informent qu’ils ont terminé l’évacuation de leur côté et qu’ils font route vers le bunker.
Merci, Flores. Qu’en est-il de nos modules ?
Ils viennent de décoller et devraient s’arrimer au vaisseau dans deux minutes.
Capitaine. Nous venons d’atteindre notre capacité maximale d’embarquement.
Dois-je donner l’ordre de replier les ascenseurs tubulaires et de rappeler les navettes ?
Négatif, lieutenant Savea.
Poursuivez l’évacuation. Nous pouvons nous permettre de dépasser notre capacité d’embarquement, d’autant plus que le bunker n’est pas éloigné.
Sur la passerelle, tout semble sous contrôle. Chacun exécute sa tâche avec précision. Le vaisseau vibre légèrement sous les manœuvres d’arrimage des derniers modules et, malgré la situation, une routine bien huilée s’installe.
Puis… un silence suspendu.
Un instant de trop, où tout paraît figé.
Jusqu’à ce que la voix de Flores vienne briser cette illusion de maîtrise.
Oh mon Dieu !
Que se passe-t-il, Flores ? Pourquoi criez-vous ?
Désolée, capitaine.
Je vous affiche la surveillance satellite sur l’écran principal.
Une tension glaciale me traverse. Mes yeux balaient les données qui s’affichent, mon esprit luttant pour assimiler l’horreur qui se déploie sous mes yeux.
Putain de merde…
Ne me dites pas que c’est ce à quoi je pense.
C’est bien ça, capitaine.
Le ciel en est saturé.
Comment est-ce possible ? Comment nos renseignements ont-ils pu se tromper à ce point-là ?
Savea ! Enclenchez l’alerte rouge et donnez l’ordre de repli immédiat !
Flores, ordonnez aux officiers de la téléportation de prendre immédiatement le relais de l’évacuation. Et pendant que vous y êtes, mettez-moi Vitos en ligne !
Allez ! Allez, allez ! Bougez-vous !
Capitaine, Vitos à l’appareil. Vous m’avez demandé ?
Oui, Vitos ! Dites-moi que le montage du lanceur DX est terminé !
Non, pas tout à fait, capitaine. Il reste encore un écrou à serrer et nous allions lancer la simulation pour les essais.
Serrez-moi cet écrou tout de suite, et vous ferez votre simulation directement sur le terrain !
Heu… capitaine, je ne comprends pas.
La Russie a lancé des dizaines de milliers de drones et de missiles, de tous types, tout le long de nos frontières. On s’attend à plusieurs vagues successives.
Je vous conseille donc de bouger votre cul et de lancer ces putains de DX !
Oh purée… À vos ordres, capitaine.
Savea, calculez le temps qu’il nous reste avant que cette vague nous tombe dessus.
Environ vingt à vingt-cinq minutes, selon le type de drone ou de missile, capitaine.
Officier de la sécurité, raccompagnez nos visiteurs à la salle de réunion et donnez-leur accès à tout ce qu’ils demandent.
À vos ordres, capitaine.
Le haut-commandement de l’OTAN confirme que la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont riposté à leur tour. Après s’être concertés dans la salle de réunion, nos dirigeants ont autorisé l’état-major à enclencher le processus de réponse à l’attaque russe.
Sur la passerelle, mes officiers sont débordés.
L’enseigne Flores ne sait plus où donner de la tête avec les communications. Charlène Savea gère les opérations internes du vaisseau tout en surveillant les radars. À la manœuvre, Éric Corda oriente le Mercator vers la menace qui nous fonce droit dessus.
Soudain, une explosion retentit à bâbord.
Numéro Un, que s’est-il passé ?
Le système de sécurité s’est bloqué au niveau du module 3 et n’a pas pu se déployer complètement. Le module n’est que partiellement arrimé, avec seulement six points d’ancrage sur les vingt-et-un encore fonctionnels.
Il faut que le pilote réajuste manuellement la position du module, capitaine.
Merci, Numéro Un.
Flores, entrez en contact avec ce pilote.
Le canal est ouvert, mais il n’y a aucune réponse, capitaine.
Numéro Un… vos suggestions.
Je vais me rendre dans le module et le réaligner moi-même.
Je connais parfaitement la manœuvre, capitaine.
Accordé.
Bonne chance, Angie. Et reste prudente.
Capitaine ! Capitaine ! Vitos à l’appareil…
Oui, Vitos. Je vous écoute.
Le premier DX est lancé. Nous le dirigeons vers Francfort. À partir de là, nous pourrons déployer les mini-DX et intercepter un certain nombre de missiles à l’aide de nos lasers.
Bravo, Vitos. Enfin une bonne nouvelle.
Le lieutenant Savea va vous transmettre les coordonnées des cibles prioritaires. Ne gaspillez pas les ressources et concentrez-vous uniquement sur ceux armés de têtes nucléaires.
Bien compris, capitaine.
S’il vous plaît… gardez tous votre sang-froid.
Savea, quelle est la situation concernant la progression des missiles ?
Aucune réponse.
Un mauvais pressentiment me saisit. Je tourne brusquement la tête vers Charlène. Elle est figée devant ses écrans, les yeux rivés sur des données que je ne peux pas distinguer d’ici. Ses doigts restent suspendus au-dessus du clavier, comme si le moindre contact pouvait sceller un destin inéluctable. Elle ne cligne même pas des yeux. Son souffle est à peine perceptible.
L’air absent, elle semble ailleurs.
Ce n’est pas normal.
Savea ! Vous m’avez entendue ?
Euh… désolée, capitaine.
Les premiers missiles sont tombés en Ukraine. Nous venons de perdre Kiev, à l’instant.
Les prochains territoires ciblés par la Russie sont la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie.
Misère de misère…
Qu’en est-il des pays scandinaves ?
Je n’ai aucune information. Les réseaux sont saturés et les données satellitaires nous parviennent par intermittence.
Il est probable que la Suède soit déjà touchée.
Capitaine, la commandeur Chen est en ligne.
Sur haut-parleur, enseigne.
Allô la passerelle. Ici Chen.
Je suis parvenue au poste de pilotage du module 3. Ce n’est pas beau à voir. Une poutre s’est effondrée sur le pilote et la console de navigation. Un début d’incendie s’est déclenché, mais je suis parvenue à le maîtriser.
Comment va le pilote ?
Il est mort, Agnes.
[…]
Je vais devoir procéder à des réparations de fortune pour pouvoir prendre le contrôle du module. J’utiliserai les propulseurs latéraux et verticaux afin de le réaligner sur les points de fixation. Dès que j’y parviendrai, le système de sécurité se mettra en marche.
Chen, terminé.
Savea, informez-moi dès que la procédure de sécurité des modules sera terminée.
Et recalculez le temps qu’il nous reste avant que les missiles russes n’atteignent Bruxelles.
Corda, combien de temps faut-il pour retourner au bunker ?
Sept minutes, en incluant les procédures d’approche et d’amarrage.
C’est trop long. Combien de temps en zappant les procédures ?
Trois minutes, à tout casser, capitaine.
Mais vous devez m’en donner l’ordre explicitement.
… Trois minutes.
Je marque une pause. Éric est le meilleur pilote que je connaisse. Si quelqu’un peut réussir cette manœuvre, c’est bien lui. L’atterrissage sera brutal. Les systèmes, sous tension. La marge d’erreur, infime.
Mais je sais qu’il en est capable.
Et moi, je n’ai pas le luxe d’hésiter.
Faites-le, Corda.
Savea, affichez-moi un compte à rebours sur l’écran principal. Dès qu’il atteindra zéro…
on décampe d’ici.