Épisode 37. Reconquête Terre, Mission 1
Contexte
- Temps universel coordonné
- Mardi 23 juillet 2024 - 15:01
- Lieu
-
- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- Grande salle de conférences
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
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Agnes Rodriguez, capitaine du USS Mercator, a conduit une évacuation d’urgence depuis Bruxelles après une attaque massive qui a dégénéré en échange nucléaire et en apparition d’un mystérieux vaisseau non humain. Le Mercator a encaissé des dommages graves ; grâce à des manoeuvres audacieuses, l’équipage a sauvé des milliers de civils mais subi des pertes lourdes. Après s’être extirpé de la catastrophe terrestre, l’équipage a gagné la base stellaire Otanienne en orbite lunaire, où Agnes se voit offrir — et accepte sous conditions — le commandement de l’USS Enterprise, avec Angie Chen comme Numéro Un. Entre-temps, les deux femmes ont découvert des dossiers ultra-secrets révélant que des technologies extraterrestres ont été récupérées et exploitées depuis des décennies.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur |
| Anthony Michaux | OTAN / Base Stellaire | Amiral |
Manifestes
| USS Mercator Hors service | USS Enterprise | |
|---|---|---|
| Affiliation | OTAN | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea | Charlène Savea |
| Armement avancé | Eros Vitos | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel | Victor S. Calpel |
| Conseiller/Consultant | Manu (officieux) | Manu |
| Technicien de surface | Manu | Manu |
TL;DR
Agnes et Angie assistent à un briefing où l’amiral Michaux dévoile la première mission Reconquête Terre : reprendre le contrôle de tous les satellites en orbite. L’USS Enterprise sera chargé d’assurer la sécurité des opérations. Une course contre la montre s'engage pour que le vaisseau — et son équipage fraîchement réaffecté — soit prêt à temps.
Récit
Pendant une bonne partie de la matinée, Manu remet de l’ordre dans mes quartiers.
Angie et moi profitons de ce répit pour étudier et mettre à jour nos connaissances sur les nouvelles technologies installées à bord de l’Enterprise, ainsi que sur les protocoles qui les accompagnent.
En milieu d’après-midi, on se prépare enfin à sortir.
Nous filons en direction de la grande salle de conférences de la base stellaire, où doit se tenir un entretien avec l’ensemble des capitaines et des premiers officiers de la flotte.
Personne ne sait exactement de quoi il s’agit.
Évidemment, comme d’habitude, nous sommes en retard.
Quand nous arrivons, tout le monde est déjà installé dans l’auditoire.
Regarde, Agnes…
Il reste encore deux sièges libres, là-bas.
Allons-y.
Fais attention à ne pas bousculer tout le monde.
Pardon… excusez-nous…
On ne fait que passer.
Dépêche-toi et avance plus vite, Angie.
L’amiral Michaux va commencer son discours.
À peine avons-nous pris place qu’on dirait qu’un champ de gravité vient de s’activer dans la salle.
Dès que Michaux pose un pied sur la tribune, tout le monde se fige, raide comme des statues en uniforme.
Même Angie — pourtant championne toutes catégories de la désinvolture — se redresse d’un coup, l’air de se demander si elle doit saluer… ou fuir.
Hum hum…
Bonjour à tous, et merci d’être venus.
Je vous ai réunis aujourd’hui pour vous informer de nos prochaines actions.
Elles ont été décidées et approuvées par le nouveau gouvernement provisoire, nommé par les dirigeants de l’Alliance.
Ces mêmes dirigeants ont pu être rapatriés sur notre station stellaire grâce aux efforts et au courage de la capitaine Agnes Rodriguez et de son équipage.
Veuillez l’applaudir, s’il vous plaît.
Quelques applaudissements résonnent dans la salle.
Angie me lance un discret coup de coude.
Hé, Agnes…
Lève-toi et dis quelque chose.
Merci, Amiral.
Je n’ai fait que mon devoir.
Bien.
Comme je le disais, nous allons entreprendre une série d’actions sur plusieurs mois afin de renouer le contact avec nos forces restées sur Terre.
La première mission débutera dès demain.
Son objectif est de reprendre le contrôle total de l’ensemble des satellites en orbite terrestre, y compris ceux appartenant aux Russes et aux autres puissances étrangères.
Cette étape est primordiale puisqu'à l’heure actuelle, nous ne disposons pas d’informations suffisantes sur l’état réel de la planète.
Heeee… Agnes, pourquoi il nous a fait venir ici ?
On n’est pas des réparateurs de satellites, nous.
Tais-toi, Angie.
Écoute l’amiral.
Selon les estimations de nos experts, cette opération nécessitera au minimum une semaine de travail.
Elle mobilisera l’ensemble des vaisseaux de la classe Nauvoo actuellement amarrés à la base stellaire.
Dans ce dispositif, l’USS Enterprise assurera un rôle de soutien et de sécurité.
La mission débutera demain à quinze heures.
Merci pour votre attention.
Bonne chance à tous.
Vous pouvez disposer.
L’amiral quitte la salle, son pad coincé sous le bras.
Autour de nous, les autres capitaines et officiers se regroupent, échangent, débattent.
Quant à moi, avec l’Enterprise, j’ai soudain l’impression d’être un vilain petit canard perdu au milieu d’un poulailler de dindons…
Eh bien, félicitations, Agnes !
Tu as accepté le commandement de l’Enterprise et maintenant, nous voilà promues nounous des Nauvoo.
Bravo !
N’en rajoute pas, Angie.
On a beaucoup de travail.
C’est le premier vol de l’Enterprise, et nous n’avons que quelques heures pour être pleinement opérationnelles.
Moi, je te dis que cet amiral est complètement marteau !
On vient à peine de prendre nos fonctions.
S’il se passe quelque chose, on ne pourra pas réagir correctement simplement parce qu’on ne maîtrise pas encore tous les protocoles.
C’est totalement stupide de sa part !
On sera prêtes, Angie.
Il va falloir déléguer, revoir l’organigramme et positionner nos équipes en fonction de leur ancienneté à bord de l’Enterprise.
Quant aux officiers de passerelle…
Toi et moi, on comblera leurs lacunes.
D’accord, Agnes.
On se serre les coudes.
Je lui adresse un bref sourire, puis je me redresse sur mon siège.
Autour de nous, le bourdonnement des conversations reprend.
Les officiers restent absorbés par les données qui défilent sur leurs pads. Le brouhaha enfle doucement, comme un écho de calculs, de décisions et d’ordres en gestation.
Angie se penche vers moi l’espace d’un instant.
Nos épaules se frôlent.
J’aimerais lui prendre la main, juste une seconde…
Mais un regard nous transperce.
Celui du capitaine Elias Warren, commandant de l’USS Washington.
Un vétéran à la posture droite comme une colonne d’acier.
Dans ses yeux sombres, ni reproche ni curiosité.
Juste ce rappel muet que, dans cette salle, l’émotion n’a pas sa place.
Alors, d’un même mouvement, nous nous redressons.
Impassibles.
Officiers avant tout.
Sans un mot, nous quittons la salle côte à côte, parfaitement synchronisées, comme deux battements d’un même cœur.
Direction l’Enterprise.