Épisode 32. L'Enterprise
Contexte
- Temps universel coordonné
- Lundi 22 juillet 2024 - 09:02
- Lieu
-
- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- Docks
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
-
Après la survie chaotique à bord du Mercator et l’évacuation des réfugiés vers la base stellaire de l'OTAN, Agnes et Angie se voient confier une nouvelle affectation : le commandement de l’USS Enterprise. Manu décide de les suivre, tandis que le Mercator est démantelé.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur |
| Eros Vitos | OTAN / Flotte Spéciale | Enseigne |
Manifestes
| USS Mercator Hors service | USS Enterprise | |
|---|---|---|
| Affiliation | OTAN | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea | Charlène Savea |
| Armement avancé | Eros Vitos | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel | N/A |
| Conseiller/Consultant | Manu (officieux) | N/A |
| Technicien de surface | Manu | Manu |
TL;DR
Agnes récupère sa moto dans le hangar du Mercator, puis fonce avec Angie vers leur nouveau vaisseau : l’Enterprise. Leur entrée fracassante dans le hall à navettes surprend un lieutenant. Agnes exige de remplacer le siège du précédent capitaine par le sien, et convoque ses officiers pour une première réunion dans leurs quartiers.
Récit
Dans le hall à navettes du Mercator, c’est le grand capharnaüm.
Des poutres arrachées jonchent le sol.
Des conteneurs éventrés ont été renversés dans le chaos de l’évacuation.
Partout, des traces de ce que le vaisseau a encaissé… et de ce qu’il n’a pas pu retenir.
Pendant qu’Angie vérifie que sa petite navette a survécu et organise son transfert vers l’Enterprise, je fouille les décombres à la recherche de ma moto.
Après quelques instants, je la repère enfin.
Coincée derrière une cloison effondrée.
Je m’acharne à dégager les gravats, sans trop y croire… puis je la découvre, presque intacte.
À ma grande satisfaction, elle a survécu aux épreuves de la semaine passée.
Je l’enclenche.
Le moteur répond aussitôt, ronronnant comme au premier jour.
Angie !
Tu viens ?
J’arriiiiive, Agnes !
Attends-moi !
Accroche-toi.
On va pulvériser le record du tour du spatiodock.
Comme un éclair, je lance ma Ducati sur la rampe d’accès du Mercator et vire aussitôt à droite.
Je me faufile à pleine vitesse entre les quais, au milieu du ballet frénétique du personnel et des machines, qui n’ont pas le temps de comprendre ce qui leur passe sous le nez.
Angie, t’es bien accrochée ?
Yeaaaah !
Ne te soucie pas de moi, Agnes.
Fonce à fond les castagnettes !
Tête brûlée, qu’il disait…
Ha ha ha !
Et encore, il n’a encore rien vu, le Michaux !
Pas vrai, Agnes ?
S’il savait ne serait-ce que le dixième de ce que tu as déjà fait, il nous ferait une jaunisse carabinée.
Ha ha ha !
Agnes, freine !
L’Enterprise, c’est la prochaine rampe à droite !
J’ai vu.
Merci, copilote Chen.
Il n’y a pas de quoi, pilote Rodriguez.
Sur la rampe, je prends juste assez de vitesse.
La Ducati décolle.
Un court instant de suspension…
Puis, en approche du sol, je fais pivoter la moto avec précision.
On atterrit en glissade contrôlée dans le hall à navettes de l’Enterprise, laissant derrière nous une longue trace sombre sur le plancher immaculé.
Maîtrise.
Élégance.
Un peu trop, peut-être.
Un officier se précipite vers nous, le visage rouge, hurlant comme un possédé.
Non mais ça va pas la tête ?!
Qu’est-ce que vous foutez ici ?!
Vous vous croyez dans un cirque ?!
Bonjour, Lieutenant.
Il y a un problème ?
Oh…
Pardon, Capitaine.
Je ne vous avais pas reconnue.
Heu… non.
Aucun problème.
Parfait.
Je vous confie ma bécane.
Mettez-la en lieu sûr… et ne laissez personne s’en approcher.
À vos ordres, Capitaine.
Le lieutenant emporte ma moto et s’éloigne, visiblement encore sous le choc de notre arrivée.
Ha ha ha !
Ça, Agnes, c’est ce qu’on appelle faire une entrée fracassante.
Tu l’as dit, Angie.
Alors…
On fait quoi maintenant ?
Cabine ou passerelle ?
La passerelle d’abord.
Histoire de saluer nos vaillants officiers.
Lieutenant, pourriez-vous nous indiquer la direction de l’ascenseur de la passerelle ?
Il n’y a pas d’ascenseur sur l’Enterprise, Capitaine.
Ici, ce sont des turbolifts.
En sortant du hall, à gauche, puis au bout du couloir.
Merci, Lieutenant.
Nous nous dirigeons donc non pas vers un ascenseur, mais vers un turbolift.
Il va falloir que je m’y habitue. Le Mercator n’en était pas équipé.
La différence ?
Le turbolift ne se contente pas de monter ou descendre : il se déplace dans toutes les directions, verticales et horizontales. Un luxe… quand on a l’estomac bien accroché.
Après quelques secondes à être secouées dans tous les sens, les portes coulissantes s’ouvrent enfin.
Nous pénétrons dans notre nouvelle pièce de commandement.
La passerelle de l’Enterprise.
C’est bizarre Angie…
Il n’y a personne.
Rien d’étonnant.
Le planning des services n’a pas encore été établi.
Nos officiers doivent être en train de découvrir leurs nouveaux quartiers.
Angie…
C’est quoi cette horrible chose en plein milieu du champ de quilles ?
Heu…
On dirait une chaise perchée.
C’est une plaisanterie ou quoi ?
Je fixe la chaise perchée avec une moue de dégoût, lève les yeux au ciel et marmonne quelque chose d’inintelligible avant de foncer droit vers le poste de communication.
Mais Agnes…
Qu’est-ce que tu fais sur la console d’Émilie ?
J’essaie de contacter Vitos pour voir s’il peut me débarrasser de cette horreur.
Je ne suis pas la capitaine d’un court de tennis !
Comment ça marche déjà cette console ?
Je pianote au hasard sur l’écran.
Rien.
Le panneau clignote deux fois, émet un bip réprobateur, puis s’éteint dans un silence presque moqueur.
Pousse-toi Agnes…
Laisse faire la pro.
Heeeee—
Avant même que j’aie le temps de protester, Angie me bouscule sans ménagement et prend ma place.
Ses doigts fusent sur la console à une vitesse qui frôle l’agression.
En trois secondes, l’interface se rallume, les canaux s’ouvrent, et la voix de Vitos résonne déjà dans le haut-parleur.
Allô Vitos, c’est Chen.
Oooh, Commandeur Chen.
Que puis-je faire pour vous ?
La capitaine Rodriguez a besoin de vos talents de bricoleur.
Qu’est-ce qu’elle veut que je lui bricole ?
Encore un lanceur de DX ?
Très drôle, Vitos.
Quand vous aurez le temps, rendez-vous sur la passerelle du Mercator et ramenez le siège de la capitaine sur la passerelle de l’Enterprise.
Il n’y a pas de siège de capitaine sur la passerelle de l’Enterprise, Commandeur ?
Il y en a un…
Mais celui-là n’est clairement pas à la hauteur de la capitaine Rodriguez.
Si vous pouvez lui ramener et remonter son ancien siège, ça lui ferait énormément plaisir.
Vous pouvez faire ça, Vitos ?
Bien sûr Commandeur.
J’y vais tout de suite.
Vitos, terminé.
Angie coupe la communication d’un geste sec, puis se tourne vers moi avec un sourire triomphant.
Tu vois, ma chère Agnes, ce n’est pas si compliqué.
Mwouais…
Je suis un peu rouillée. À force de déléguer, j’en oublie le fonctionnement de la console des communications.
Tant qu’on y est, tu peux aussi envoyer un message à Émilie, Éric et Charlène ?
Bien sûr.
Tu veux leur dire quoi ?
Convoque-les dans mes quartiers.
Qu’ils se présentent tous les trois ensemble dès qu’ils seront disponibles.
Angie s’exécute aussitôt. En quelques gestes précis, elle rédige et transmet les messages.
La console émet un bref sifflement confirmant l’envoi.
Voilà, c’est fait.
On va découvrir notre cabine, maintenant ?
Tu veux dire… MA cabine.
C’est celle du capitaine, Angie.
Oh…
Tu ne veux plus de moi ?
Ha ha ha…
Bien sûr que si. Mais dans l’agencement du vaisseau, c’est comme ça qu’elle s’appelle.
Je ne sais pas comment je dois prendre ta remarque, Agnes.
Tu sais bien que chez moi, c’est chez toi.
Alors ne t’embête pas avec ça, mon ange.
Angie esquisse un sourire, puis glisse sa main dans la mienne.
Ensemble, nous quittons la passerelle, prêtes à découvrir notre nouveau chez-nous.