Épisode 54. Une contamination, deux réalités
Contexte
- Temps universel coordonné
- Jeudi 1ᵉʳ août 2024 - 10:55
- Lieu
-
- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- USS Enterprise
- Salle de sport
- Trame
- Ligne Temporelle Schak'Irra
- Résumé des épisodes précédents
-
Après avoir intercepté un signal mystérieux en provenance de la Lune, l’USS Enterprise découvre un vaisseau inconnu et recueille une Andorienne du nom de Tarsi, prétendant venir du futur. Ses révélations bouleversent l’équipage : leur réalité serait le fruit d’une contamination temporelle provoquée en 1954 par le crash du Schak’Irra. Entre doutes et tensions, Agnes Rodriguez affronte l’amiral Michaux, découvre les mensonges autour d’Apollo 11, puis confronte Tarsi dans un duel qui tourne à la compréhension mutuelle. Deux réalités, deux vérités : et au milieu, une seule certitude — le temps lui-même est en train de se fissurer.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade | Espèce | Trame d'origine |
|---|---|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine | Humain | Timeline Schak'Irra |
| Tarsi | Starfleet / Division Temporelle | Commandeur | Andorien | Timeline Prime |
Manifeste
| USS Enterprise | |
|---|---|
| Affiliation | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea |
| Tactique | Éric Corda Charlène Savea |
| Science | N/A |
| Armement avancé | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel |
| Conseiller/Consultant | Manu |
| Technicien de surface | Manu |
| Passagers | Tarsi (Confidentiel) |
TL;DR
Épuisées, Agnes et Tarsi discutent côte à côte, partageant leurs réalités respectives. L’eau catalytique d’Agnes intrigue l’Andorienne, qui y voit un signe tangible des altérations temporelles. Tarsi révèle que leur monde est profondément contaminé : dans sa réalité, la Russie n’a jamais sombré dans le totalitarisme, la mission Apollo 11 a bien eu lieu et l’humanité a survécu. Dans celle d’Agnes, au contraire, chaque divergence semble artificielle — comme si quelqu’un manipulait l’histoire. Entre fatigue et lucidité, les deux femmes comprennent qu’elles sont peut-être les seules à pouvoir restaurer la ligne du temps… ou la condamner définitivement.
Récit
Totalement épuisée, je m’assieds en plein milieu de la salle de sport. Mon souffle court trahit l’intensité du combat avec Tarsi, dont l’endurance semble presque inépuisable. Je sors de ma poche une petite fiole d’eau catalytique régénérante et, sans hésiter, je m’asperge la tête avec son contenu.
La sensation est immédiate.
Une vague de fraîcheur, suivie d’une clarté presque euphorique, traverse mon corps et détend mes muscles encore douloureux.
Tarsi s’assied à côté de moi. Elle m’observe, intriguée.
Qu’est-ce qu’il y a ?
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
C’est… étrange.
Quoi donc ?
Ce liquide violet aux reflets brillants que tu viens de t’asperger sur la tête.
Ah, ça ?
C’est de l’eau catalytique régénérante.
Ça aide à récupérer rapidement après un effort intense. Rien de bien inhabituel.
Tiens… essaie.
Un peu hésitante, Tarsi saisit le flacon que je lui tends et s’asperge à son tour.
J’ai… une drôle de sensation.
Elle est censée stimuler la régénération cellulaire et réduire la fatigue.
Mais honnêtement, je trouve surtout que ça rafraîchit bien après l’entraînement.
Régénération cellulaire… réduction de la fatigue…
Ça ressemble à bien plus que de l’eau.
Bah… Tu sais, nos laboratoires sortent sans arrêt de nouveaux produits pour améliorer nos performances.
Celui-là n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Dans ma temporalité, ce genre de produit aux effets comparables n’est apparu qu’au début du vingt-quatrième siècle.
Ha ha.
Ici, on n’est pas dans ta réalité.
Justement.
Ta civilisation a été influencée bien plus profondément que vous ne l’imaginez.
Même dans des détails aussi banals que celui-là.
À propos de contamination…
Y a-t-il vraiment tant de différences que ça avec le vingt-et-unième siècle de ta réalité ?
Énormément.
De 1954 jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, les discordances ne sont pas réellement perceptibles.
Mais au-delà de cette période, les changements deviennent majeurs.
Quels événements ont été déterminants ?
L’URSS s’effondre, et Boris Eltsine devient le premier président d’une Russie démocratique jusqu’en 1999.
Dans ta réalité, six mois après son élection, le nouveau FSB renverse le pouvoir et place Poutine à la tête du pays.
Étrange…
Une Russie démocratique. Qui l’aurait cru ?
Donc, dans ta réalité, la Russie ne contrôle pas la moitié de la planète ?
Exact.
J’ai l’impression que quelqu’un a volontairement manipulé ta réalité pour pousser l’humanité à s’autodétruire.
Ça me paraît un peu tiré par les cheveux…
Je ne le crois pas.
Par exemple, les Tholiens qui patrouillent actuellement dans ce secteur ne sont pas censés s’approcher de la Terre.
Encore moins l’attaquer.
Je suis convaincue qu’une entité tire les ficelles.
Tu fais allusion aux factions terroristes de la guerre froide temporelle dont tu me parlais tout à l’heure ?
Ce n’est pas à exclure.
Lorsque j’étais sur la mer de la Tranquillité, en attendant votre arrivée, j’ai détecté des traces d’anciens vortex.
Je dois encore les analyser en détail.
Pourquoi avoir choisi cet endroit pour nous envoyer un appel de détresse ?
Pour stationner dans le secteur, il n’y avait presque aucune alternative.
La Terre est invivable, et si je m’étais présentée directement à votre base spatiale… je doute que j'aurais été bien accueillie.
C’est probable.
Mais je parlais du site lui-même.
Celui d’Apollo 11.
Ah… ce site-là.
Je voulais le voir de mes propres yeux, dans son état d’origine.
Sans touristes. Sans infrastructures.
Mais je dois admettre avoir été déçue de n’y trouver… absolument rien.
Je te crois.
J’ai appris récemment que cette mission était un immense canular destiné à détourner l’attention des Soviétiques.
C’est encore une différence entre nos deux réalités.
Dans la mienne, la mission a bel et bien eu lieu.
Finalement, Tarsi s’allonge à côté de moi. Nous fixons le plafond de la salle de sport, laissant le silence s’installer par intermittence tandis que la conversation se poursuit.
Nous explorons encore les écarts entre nos deux réalités, leurs ramifications, leurs cicatrices.
Et peu à peu, une compréhension mutuelle émerge.
Je commence à voir Tarsi non plus comme une messagère du futur… mais comme une victime, prise au piège des manipulations du continuum espace-temps, essayant simplement de survivre — comme n’importe qui à sa place.