Épisode 44. Premier contact
Contexte
- Temps universel coordonné
- Mercredi 31 juillet 2024 - 22:15
- Lieu
-
- Lune
- Site d'alunissage d'Apollo 11
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
-
Après avoir sécurisé l’orbite terrestre et affronté un vaisseau extra-terrestre, l’USS Enterprise capte un signal de détresse en morse provenant de la Mer de la Tranquillité, précisément sur le site historique d’Apollo 11. En arrivant sur place, l’équipage constate avec stupeur que le matériel laissé en 1957 a disparu. À sa place, trône un petit vaisseau inconnu. Angie Chen, Charlène Savea et Eros Vitos sont envoyés en reconnaissance, quand une rampe d’accès de l’appareil s’ouvre à leur approche…
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade | Espèce |
|---|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine | Humain |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur | Humain |
| Tarsi | Starfleet / Division Temporelle | Commandeur | Andorien |
| Charlène Savea | OTAN / Flotte Spéciale | Lieutenant | Humain |
| Eros Vitos | OTAN / Flotte Spéciale | Enseigne | Humain |
Manifeste
| USS Enterprise | |
|---|---|
| Affiliation | OTAN |
| Localisation | Orbite Lunaire |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea |
| Tactique | Éric Corda Charlène Savea |
| Science | N/A |
| Armement avancé | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel |
| Conseiller/Consultant | Manu |
| Technicien de surface | Manu |
| Équipe au sol |
Angie Chen Charlène Savea Eros Vitos |
TL;DR
Sur la surface lunaire, Angie, Charlène et Eros rencontrent une Andorienne nommée Tarsi, officière de la Section Temporelle de Starfleet au 26ᵉ siècle. Leur premier contact est loin d’être solennel : l’alien est excentrique, bavarde… et totalement ivre. Inconsciente, Eros et Charlène la transportent dans la navette afin de tenter de la ranimer.
Récit
L’instant est mémorable. Angie foule le sol lunaire, un privilège que je n’ai jamais eu. J’aurais tant aimé l’accompagner pour cette mission, partager avec elle cette expérience unique. Mais le protocole en a décidé autrement. L’une de nous deux devait rester sur la passerelle de l’Enterprise.
Sur le site, l’équipe d’exploration n’a retrouvé aucune trace du matériel abandonné par la mission Apollo 11 de 1957. Rien. Pas le moindre vestige.
J’envisage plusieurs hypothèses. Soit la mission n’a jamais eu lieu… soit quelqu’un a emporté le matériel.
Et justement, ce quelqu’un pourrait être l’être qui se cache dans ce mystérieux petit vaisseau faisant face à Angie, Charlène et Eros. Un être qui serait peut-être aussi à l’origine du signal de détresse que nous avons capté…
Commandeur, un signe de vie descend de la rampe. Je distingue une forme humanoïde.
Braquez vos phaseurs, mais ne tirez pas.
À vos ordres, Commandeur.
L’ombre avance lentement. Chancelante. Elle oscille à chaque pas, comme si la gravité réduite lui jouait des tours. Sa silhouette se précise dans le halo blanchâtre : une démarche maladroite, presque titubante, les bras écartés pour garder l’équilibre.
Puis une main se lève mollement vers eux, dans un salut approximatif.
Saluuuut la compagnie.
Charlène… vous voyez ce que je crois voir ?
Heu… Commandeur, je… oui. Vous n’hallucinez pas.
C’est une forme de vie humanoïde au teint bleu, pourvue de cheveux blancs argentés et de deux antennes à l’arrière du crâne.
Sans certitude… de sexe féminin.
Évidemment que je suis de sexe féminin ! Elle n’est pas très futée, la peau rose.
Dites, ça fait un bail que j’vous attendais. Vous fichiez quoi, sérieusement ?
N’avancez pas !
Levez les bras et déclinez votre identité !
Hééé, on s’calme, ma poulette chocolatée.
J’suis d’votre bord.
Répondez à ma question. Comment se fait-il que vous parliez ma langue ?
Commandeur… vous croyez que c’est une vraie alien ?
Elle a le comportement de quelqu’un qui a fumé un joint, et elle est vêtue comme une ado qui sort en boîte à Ibiza.
En effet, Eros, c’est… étrange.
Vous avez vu l’éclat lumineux sur son ventre ?
Oui, Commandeur.
On dirait une pierre précieuse.
Ça doit valoir une fortune.
C’est trop lumineux pour être une pierre précieuse.
Je pense que c’est une sorte d’implant.
Alors quoi, les gars ?
Vous allez rester plantés là à me regarder comme si j’étais un targ de foire ?
Ne m’obligez pas à me répéter.
Levez les bras et déclinez votre identité !
Okay, okay… Je m’appelle Tarsi. Capitaine de frégate à la Section temporelle de Starfleet, au vingt-sixième siècle.
Enfin… 2554, selon votre calendrier.
J’peux baisser les bras maintenant ?
De quelle espèce êtes-vous ?
Rolala… ça s’voit pas ?
J’suis Andorienne, voyons !
Tout le monde sait ça !
Est-ce vous qui nous avez envoyé le message de détresse ?
Bien sûr que oui !
Y a personne d’autre ici qui aurait pu le faire !
Avez-vous emporté le matériel qui se trouvait sur ce site ?
Quel matériel, ma mignonne ?
Aaah… je vois. Vous faites allusion à celui abandonné par Apollo.
Alors là, je plaide non-coupable !
Eros, fouillez-la.
À vos ordres, Commandeur.
J’vous assure, ma p’tite dame, que je l’ai pas caché dans mes poches.
Veuillez garder les mains en l’air et écarter les jambes, s’il vous plaît.
J’vous répète que j’suis d’votre côté.
Hé… le moustachu ! J’vous interdis de me tâter les nichons !
Elle n’a pas d’arme sur elle.
Par contre, j’ai trouvé cette petite boîte, Commandeur.
Heeeee ! Rendez-moi ça !
C’est ma boîte de vers verts en gelée Ferengi !
Parfait. Rengainez tous vos phaseurs.
Commandeur Tarsi, vous pouvez baisser les bras.
Aaaah… il était temps. Je commençais à avoir une crampe.
Je me présente. Commandeur Angie Chen, de l’USS Enterprise.
Pas b’soin de vous présenter. J’vous connais déjà, ma cocotte.
Comment ça ?
C’est une longue histoire.
Faut qu’j’parle à votre capitaine.
Pour quelle raison ?
J’vous l’dirai quand j’aurai ingurgité une dose de vers verts en gelée Ferengi.
Histoire d’éviter une désagréable gueule de bois.
Heu… je ne comprends pas.
J’me suis enfilée quelques bouteilles de bière romulanaise en attendant votre arrivée et j’suis un peu… comment dire…
Elle vacille. Lève un doigt, comme pour poursuivre son explication.
Ses antennes s’affaissent mollement.
Un hoquet discret.
Un pas de travers.
Puis elle s’effondre de tout son long sur la poussière lunaire, dans un petit nuage d’argent.
ZzZzZz…
Eros, transportez la Commandeur Tarsi et allongez-la dans la navette.
Charlène, vous la scannerez.
Heu… d’accord, Commandeur.
Charlène, aidez-moi à la porter.
Voyons, Eros. Un grand gaillard comme vous qui a besoin d’assistance pour soulever une petite plume bleue ?
Bon… je vais vous aider. Uniquement parce que c’est vous.
Ils se penchent tous deux sur Tarsi, dont les antennes se balancent au rythme de leurs gestes. La faible gravité ne facilite pas la tâche. À chaque mouvement, son corps rebondit légèrement, glissant sur la poussière lunaire comme un sac de patates électrifiées.
Eros grommelle. Perd l’équilibre. Se rattrape de justesse avant de heurter la coque de la navette.
Enfin, d’un effort coordonné, ils la hissent à travers la trappe et la déposent sur la banquette arrière. Son visage paisible est toujours marqué d’un sourire endormi.
De son côté, Angie profite de ce moment pour reprendre contact avec l’Enterprise.
Allô, Enterprise, ici Chen.
Vous me recevez ?
Je te reçois, Angie. C’est Agnes.
Quelles sont les nouvelles ?
Nous avons établi le premier contact.
C’est un alien, mais… ce n’était pas une rencontre conventionnelle.
Raconte.
Elle est ivre comme un Polonais.
Pour le moment, elle dort dans notre navette.
Ivre ?
Je t’expliquerai plus tard.
Dès qu’elle se réveillera, on l’emmènera à bord de l’Enterprise, avec son petit vaisseau.
Elle souhaite avoir un entretien avec toi.
Compris, Angie.
On applique les protocoles d’usage.
À votre arrivée sur l’Enterprise, vous passerez tous par la chambre de décontamination. Ensuite, l’alien sera mise au secret.
D’accord.
On va d’abord essayer de la réveiller.
Je te tiens au courant.
Chen, terminé.