Épisode 35. L'officier ne confectionne pas l'uniforme
Contexte
- Temps universel coordonné
- Mardi 23 juillet 2024 - 08:03
- Lieu
-
- Espace
- Orbite Lunaire
- Base Stellaire OTAN
- USS Enterprise
- Quartiers du Capt.
- Trame
- Ligne Temporelle Inconnue
- Résumé des épisodes précédents
-
Agnes et Angie découvrent, grâce aux dossiers secrets de l’amiral Michaux, que l’OTAN exploite depuis les années 50 des technologies extraterrestres. Entre doutes, débats et références à une vieille série de SF, elles commencent à réaliser que leur réalité ressemble peut-être un peu trop à de la fiction.
Personnages
| Nom | Affiliation / Branche | Titre / Grade |
|---|---|---|
| Agnes V. Rodriguez | OTAN / Flotte Spéciale | Capitaine |
| Angie Chen | OTAN / Flotte Spéciale | Commandeur |
| Éric Corda | OTAN / Flotte Spéciale | Lieutenant-Commandeur |
| Émilie Flores | OTAN / Flotte Spéciale | Enseigne |
| Charlène Savea | OTAN / Flotte Spéciale | Lieutenant |
Manifestes
| USS Mercator Hors service | USS Enterprise | |
|---|---|---|
| Affiliation | OTAN | OTAN |
| Localisation | Amarré à la Base Stellaire OTAN | Amarré à la Base Stellaire OTAN |
| Capitaine | Agnes V. Rodriguez | Agnes V. Rodriguez |
| Premier officier | Angie Chen | Angie Chen |
| Pilote | Éric Corda | Éric Corda |
| Communications | Émilie Flores | Émilie Flores |
| Opérations | Charlène Savea | Charlène Savea |
| Armement avancé | Eros Vitos | Eros Vitos |
| Infirmerie | Victor S. Calpel | Victor S. Calpel |
| Conseiller/Consultant | Manu (officieux) | N/A |
| Technicien de surface | Manu | Manu |
TL;DR
Réveillées en fanfare par leurs officiers, Agnes et Angie découvrent les nouveaux uniformes ridiculement raccourcis imposés par l’intendance de la base stellaire. La scène tourne à la moquerie… avant de devenir solennelle : Rodriguez remet à Flores, Corda et Savea la médaille du Courage de la Flotte Otanienne pour leurs actions héroïques lors de l'évacuation sur Terre durant l'attaque nucléaire russe.
Récit
Au petit matin, l’écran est toujours allumé.
Et nous sommes toujours affalées l’une sur l’autre dans le canapé, ronflant comme deux grenouilles gazouillantes.
Soudain, un son strident vient nous transpercer les tympans.
Ah, misère…
C’est quoi encore, ça ?
C’est la porte d’entrée, Angie.
Quelqu’un sonne.
Raaah…
On ne peut même plus pieuter tranquille sans se faire réveiller par une cornemuse de Babel.
Tu te lèves pour voir qui c’est, Angie ?
Encore moi ?
Punaise… j’suis pas habillée !
Oh, arrête.
Il y a déjà les trois quarts de la Flotte Spéciale qui t’ont vue en slip dans les vestiaires.
Très drôle.
Passe-moi ton peignoir.
Et toi, file à la salle de bain te mettre quelque chose sur le dos pendant que je vais ouvrir.
Nom d’un calamar farci au kiwi…
Quel réveil.
OK, Angie, je vais à la salle de bain.
Mais ouvre vite. Cette sonnette me massacre les oreilles.
Angie pousse un long gémissement, repousse la couverture emmêlée autour de ses jambes et se redresse lentement du canapé, les cheveux en bataille, les yeux à moitié clos.
Minute, minute…
J’arriiiiive.
Pas la peine de sonner comme un bourrin de jeu vidéo !
Le peignoir mal attaché bat contre ses genoux tandis qu’elle se penche pour éviter la table basse.
D’un geste machinal, elle passe la main sur le lecteur biométrique à côté de la porte.
Un petit bip électronique retentit.
La diode passe au vert.
La porte s’ouvre dans un souffle discret, laissant entrer un rayon de lumière vive depuis le couloir.
Bonjour, Commandeur Chen.
Oh… on vous dérange ?
Euh… non.
Bonjour, Émilie. Charlène. Éric.
Entrez donc.
Merci, Commandeur.
On a reçu votre message nous demandant de venir voir la capitaine Rodriguez.
Aaah oui… c’est vrai.
J’avais complètement oublié.
Justement, la voilà.
Elle revient de la salle de bain.
Bonjour, Capitaine.
Capitaine.
Cap'taine.
Bonjour, vous trois.
Comment allez-vous ?
Très bien, Capitaine.
Dites-moi…
C’est quoi, cette tenue que vous portez ?
Vous êtes allés faire du shopping à Miami Beach, ou quoi ?
Heu… non, Capitaine.
C’est notre nouvel uniforme.
Hein ?!
On nous a demandé de nous rendre à l’intendance de la base stellaire pour récupérer nos nouveaux uniformes.
Et… c’est ce qu’on nous a remis.
Vous ne croyez pas que quelqu’un vous a fait une blague, Émilie ?
Parce que là…
C’est quand même vachement court, comme tenue.
Je ne crois pas, Capitaine.
Nous avons été aussi surpris, mais l’officier que nous avons rencontré nous a expliqué qu’ils anticipaient une pénurie de textile, étant donné que la base stellaire n’est plus ravitaillée par la Terre.
Ce qui s’appelle une sacrée coupe vesti-budgétaire.
Et, comme par hasard, ce sont encore les tenues féminines qui trinquent.
Non, Capitaine.
Éric aussi.
Ses manches ont été raccourcies de trois centimètres.
Mwouais…
Mais lui n’a ni jupe, ni haut croppé, contrairement à toi et Charlène.
Euh… oui, Capitaine.
Je hausse les épaules.
Après tout, les histoires d’uniformes relèvent de l’intendance, pas du commandement.
Je redresse la tête et tapote du doigt la table, là où repose le petit coffret scellé de l’amiral.
Le moment est venu de s’y atteler.
Bon.
Passons aux choses sérieuses.
Angie, passe-moi la petite boîte que nous a confiée l’amiral.
Bien sûr, Agnes.
La voici.
Éric. Charlène. Émilie.
Je vous demanderai de vous mettre au garde-à-vous.
Émilie, Charlène et Éric claquent des talons, les regards fixés droit devant eux.
J’ouvre lentement le coffret et saisis la première médaille.
Au nom de l’amiral Michaux, j’ai l’honneur de remettre la médaille du Courage de la Flotte otanienne à l’enseigne Émilie Flores.
En reconnaissance de ses réalisations remarquables et de ses contributions exceptionnelles lors de sa dernière mission sur Terre, nous saluons son dévouement et sa passion sans faille.
Merci, Capitaine Rodriguez.
Merci, Commandeur Chen.
Je ne m’y attendais vraiment pas.
En témoignage de notre gratitude et de notre admiration, nous remettons la médaille du Courage de la Flotte otanienne au lieutenant-commandeur Éric Corda.
Votre engagement et vos accomplissements sont une source d’inspiration pour nous tous.
Nous sommes honorés de reconnaître votre contribution exceptionnelle lors des derniers jours passés à bord de l’USS Mercator.
C’est un honneur de la recevoir de vos propres mains, Capitaine Rodriguez.
Merci, Commandeur Chen.
Lieutenant Charlène Savea…
Comme le disait une célébrité dont j’ai oublié le nom : Les grandes réalisations ne sont pas le fruit d’une seule action, mais l’accumulation de petits efforts exceptionnels.
Cette médaille du Courage de la Flotte otanienne symbolise précisément ces efforts que vous avez déployés.
Nous sommes fiers de vous la remettre aujourd’hui.
Je suis honorée, Capitaine Rodriguez.
Je considère cette médaille comme une responsabilité supplémentaire : celle de continuer à travailler dur et d’inspirer les autres.
C’est un privilège d’avoir servi sous vos ordres durant cette mission.
Pour fêter ça, vous pouvez vous rendre au mess de l’Enterprise.
J’offre la tournée.
Merci, Capitaine.
Je les regarde quitter la pièce, leurs médailles scintillant dans la lumière.
Angie me lance un clin d’œil complice avant de refermer la porte.
Le calme revient enfin.
Enfin… presque.