Épisode 4. Moto-Nato-Dodo

Tome 1 - Épisode 4 - Moto-Nato-Dodo

Contexte

Temps universel coordonné
Lundi 15 juillet 2024 - 07:14
Lieu
  • Terre
  • Bruxelles
  • Appartement d'Agnes
Trame
Ligne Temporelle Inconnue
Résumé des épisodes précédents

Au cœur de Bruxelles, Agnes Rodriguez et Angie Chen poursuivent leur quotidien malgré la menace de guerre imminente. Entre tendresse et inquiétudes, le réveil puis le petit-déjeuner furent l’occasion de rappeler que le danger russe plane encore sur l’Europe. Les actualités diffusées par Défense FM confirmèrent que la situation internationale se dégrade rapidement.

Personnages

Nom Affiliation / Branche Titre / Grade
Agnes V. Rodriguez OTAN / Flotte Spéciale Capitaine
Angie Chen OTAN / Flotte Spéciale Commandeur

TL;DR

En route vers le siège de l’OTAN, Agnes et Angie enfourchent leur Ducati pour plonger dans les coulisses du pouvoir.

Récit

Le soleil de juillet inondait l’appartement d’une lumière douce et dorée. Une légère brise s’engouffrait par la fenêtre entrouverte, faisant doucement danser les rideaux. C’était l’une de ces matinées d’été qui donnent envie de prendre son temps, de traîner un peu plus longtemps devant une tasse de café.

Mais en jetant un œil à l’horloge, je compris que ce luxe ne nous était pas accordé.

Agnes V. Rodriguez

Oh mon dieu, il est déjà 7h14. Nous sommes légèrement en retard. Angie, balance la vaisselle dans l’évier. On s’en occupera ce soir, en rentrant.

Je vais vite démarrer la moto.

Angie Chen

Bien, chef ! Mais laisse-moi deux minutes pour terminer ma tasse de café.

Agnes V. Rodriguez

Ne t'inquiète pas, je ne partirai pas sans toi.

Maintenant, cher lecteur, suivez-moi dans le garage, et ne prêtez pas trop attention au désordre. Cela fait des années qu’Angie y entasse tous ses bibelots…

Voilà, nous y sommes… Faites gaffe à la petite marche…

Sur la gauche, vous voyez une authentique Motobécane des années 50. Elle est toute rouillée et recouverte de taches d’huile. À part ses pneus dégonflés, elle est en parfait état de fonctionnement. Je l’utilisais quand j’étais encore étudiante.

Sur la droite, c’est ma petite merveille : une Ducati Diavel 1260 S customisée. Celle-là, je l’ai chipée à un agent du MI6 qui l’avait mise en jeu dans un pari idiot — pari que j’ai bien évidemment remporté. Elle est bourrée de gadgets de haute technologie développés par les Américains et les Anglais.

Angie Chen

Me voilà… Me voilà… Attends-moi…

Agnes V. Rodriguez

Attention à la marche !

Badaboum !
Angie Chen

Ouille !

Agnes Rodriguez se penche vers Angie Chen assise au sol dans le garage de leur appartement à Bruxelles, après une chute, entre une vieille Motobécane rouillée et une Ducati Diavel customisée.
Agnes V. Rodriguez

Tu ne t'es pas blessée ?

Angie Chen

Non ! Mais si j'attrape ce crétin d'architecte, je…

Agnes V. Rodriguez

Angie ! Laisse tomber l’architecte !

Tu as pris nos casques ?

Angie Chen

Oui, j'ai le tien. Attrape !

Tu n'as pas encore démarré cette bête ?

Agnes V. Rodriguez

Non. Je la présentais à nos lecteurs et je leur expliquais comment j'avais arnaqué ce bon vieux James.

Angie Chen

Tu leur as montré les mini-roquettes ?

Agnes V. Rodriguez

Malheureusement, je n'ai pas eu le temps. Mais ils ne sont pas idiots. Ils savent très bien ce que font les mécaniques customisées par le MI6.

Angie Chen

Tu vas encore t’attirer les foudres de Money Penny.

Agnes V. Rodriguez

Laisse Money Penny là où elle est. En attendant, on est toujours à la bourre.

Angie Chen

À qui la faute ? C’est toi qui pilotes, pas moi…

Agnes V. Rodriguez

Bien sûr que je pilote. Je n’oserais jamais te confier le guidon.

Angie Chen

Tu as raison, je risquerais de tuer quelqu'un en appuyant accidentellement sur un bouton.

Yahoooo ! OTAN accroche-toi ! Les deux tarées vont débarquer !

Angie se blottit contre mon dos, créant une connexion à la fois physique et émotionnelle qui ne me laisse pas insensible. J’appuie sur le bouton d’ouverture de la porte du garage et j’enclenche le moteur.

Vroooooooooom !

Les gaz vrombissent dans l’air tandis que je m’élance à pleine vitesse dans les rues de Bruxelles. Les passants n’aperçoivent qu’un éclair fugace, alors que je me fraye habilement un chemin à travers le labyrinthe de voitures.

Sur leur moto, Agnes et Angie foncent dans les rues de Bruxelles vers le siège de l'OTAN.

Le boulevard Léopold III se profile à l’horizon. C’est là que se dresse le siège imposant de l’OTAN, le lieu où se tiendra, cet après-midi, le sommet annuel qui dictera le cours des événements dans la crise ukrainienne. La peur et l’angoisse m’envahissent progressivement à l’approche du cœur du pouvoir occidental. Angie, elle, ne semble pas encore affectée — soit elle n’a pas pleinement conscience de ce qui pourrait se produire, soit elle le dissimule remarquablement bien.

Devant le bâtiment colossal, je m’engage dans une petite allée latérale discrète qui mène au sous-sol. Dans ce parking souterrain, je zigzague entre les véhicules stationnés avant d’atteindre l’entrée d’un tunnel sombre qui s’étend sur plusieurs kilomètres.

À mesure que je m’enfonce dans l’obscurité, le grondement du moteur résonne contre les parois humides de ce boyau sans fin. Après vingt kilomètres parcourus, j’atteins enfin notre destination. Je range ma Ducati à côté des véhicules des autres officiers déjà arrivés, puis nous poursuivons à pied jusqu’à une porte blindée située un peu plus loin.

Vous vous en doutez : dans ce genre d’endroit, la sécurité est particulièrement stricte et l’accès sévèrement limité. L’une de nous doit se soumettre à un scanner rétinien pour franchir cette barrière protégée. Angie déteste cette procédure qui lui chatouille l’iris. C’est donc moi qui m’y colle.

Dans un parking souterrain sécurisé de l’OTAN, Agnes Rodriguez se soumet à un scanner rétinien.

Je m’approche du dispositif, mes yeux scrutés par une technologie avancée. Le voyant passe au vert, confirmant mon identification.

La porte s’ouvre dans un grondement métallique, nous révélant un monde secret qui s’étend bien au-delà de ce que le citoyen lambda peut imaginer…